Après avoir largement communiqué sur l’électromobilité et surtout sur le camion électrique en 2024, MAN France arrive enfin en phase de commercialisation des eTGX et eTGS. Perspectives économiques, secteurs de prédilection… on fait le point avec le responsable Électromobilité de MAN Truck & Bus France, Quentin Chataigner.
Où en est-on du déploiement du MAN eTGX en France ?
Nous avons mené une campagne de démonstration avec quatre véhicules. Une vingtaine de camions viennent d’être livrés dans les concessions pour les dévoiler à nos clients. On est prêt à prouver que notre véhicule est au rendez-vous du transport moyen et long courrier.
Le premier eTGX de France est exploité par Jacky Perrenot
En quoi a consisté ce tour de France de démonstration avec quatre eTGX ?
Nous avons parcouru au total 22 000 km. La plus longue distance sans recharge s’est élevée à 420 km avec un ensemble routier chargé à 34 t. Un tracteur solo a même atteint la distance de 650 km entre deux charges.
Parlons maintenant de la gamme eTGS, plus appropriée à l’approche chantier. Ce modèle est-il disponible en France ?
Dès cet été, nous recevrons les premiers porteurs eTGS de démonstration. Ils sont équipés de 4 ou 5 packs de batteries, ce qui leur confère une autonomie suffisante par rapport à cette activité de transport. En économisant de la batterie on économise du poids, du prix, de l’autonomie superflue.
Les clients qui font du chantier sont-ils réceptifs à l’électrification ?
L’approche chantier, ce n’est jamais seulement du tout terrain, il y a de la route, et de la ville. Nous proposons des porteurs eTGS 26 t en 4×2 ou 6×2 qui sont appropriés à ce type de transport.

Crédit photo : Nicolas Grumel
L’Allemagne doit observer avec intérêt le marché français, l’un des seuls pavillons européens à proposer des aides à l’achat de camion électrique. Quels sont les objectifs de vente de MAN eTrucks en France en 2025 et 2026 ?
On cherche les modèles d’exploitation qui coûtent le moins cher, et qui sont sensiblement équivalents à ceux des véhicules à moteur thermique. Les aides en France nous permettent d’accélérer. On est actuellement le marché au développement le plus dynamique en Europe, même devant l’Allemagne, sur lequel il n’y a pas d’aide de type CEE ou suramortissement, ces dispositifs permettant en France de couvrir un tiers de l’investissement dans un véhicule lourd électrique. En revanche, l’Allemagne dispose d’un système de péage favorisant le véhicule lourd électrique.
Et donc, quels sont les objectifs de ventes en France ?
Nous avons pour ambition de vendre un véhicule sur dix en motorisation électrique. Ce qu’observe avec attention le board allemand, c’est le nombre d’immatriculations qu’on va réaliser entre juin 2025 et juillet 2026. C’est la période durant laquelle on va être observé par rapport à nos objectifs CO2 (règlement Vecto). Nous avons un objectif de 300 à 400 véhicules électriques 19 t et 26 t immatriculés en France durant cette période. C’est le premier marché en électrique de la marque en Europe.
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