Depuis sa tendre enfance, Jean-François Rouchet a été bercé par le doux bruit des moteurs : « Mes parents étaient commerçants en primeurs, raconte-il. Ils possédaient des camions pour la livraison ». Une fois adulte, le jeune homme a pris une autre voie, mais toujours en camion. « J’ai lancé mon activité dans le BTP dans les années 80, se remémore Jean-François. J’ai commencé avec des camions d’occasion. Pendant quinze ans j’ai utilisé du matériel qui était usé par d’autres. Puis de fil en aiguille j’ai pu acheter du matériel neuf. Le premier, en 1995, fut ce Renault C 300 ». L’entreprise Travaux Jean-François Rouchet (TJFR) opère toujours en région parisienne, et avec un peu de chance sur un chantier vous pourrez apercevoir ce laborieux C 300 emportant une lourde benne à chaînes.
Crédit photo : Pascal Stich
Concession de Gonesse
Ce camion a transité par la concession Renault Vehicules Industriels (RVI) de Gonesse. « Pour être honnête, j’avais besoin d’acheter qu’un châssis-cabine, car l’entreprise possédait déjà d’autres véhicules équipés de portiques Marrel, dévoile l’entrepreneur. Nous avons importé celui d’un Berliet GLR 230. Depuis, ce C300 équipé sert pour déposer des bennes sur les chantiers. Il y a des endroits où nous ne pouvons pas mettre de grandes bennes, ce type de matériel a toujours sa place ».
Caractéristiques techniques
Renault C 300
- Porteur 2 essieux
- PTAC : 19 t
- Moteur turbo intercooler de 9,5 l
- Puissance : 300 ch
- Boîte de vitesses B9 avec sa fameuse vitesse de chantier
Un demi-million de km
Le compteur du camion affiche 550 000 km. « Mais à chaque pose de benne nous calculons plus en heures qu’en km, explique l’heureux propriétaire. La fiabilité est au rendez-vous ». Le Renault C 300 est configuré en châssis cabine à capot, avec le moteur placé devant le conducteur, comme sur ce Berliet GBH.
Petite restauration
« Nous n’avons pas refait grand-chose à part l’embrayage, se félicite Jean-François Rouchet. Ce véhicule est très fiable. Le pont ne bouge pas, pas de soucis non plus côté direction. Bien sûr, avec l’usure, nous avons rencontré des plastiques défectueux ».
L’entreprise est équipée pour faire l’entretien de l’ensemble de sa flotte qui compte :
- 5 camions en état de marche,
- d’autres à restaurer,
- une dizaine de VUL,
- des engins de chantier comme les minipelles et des minichargeurs.
« Sur ces camions anciens je répare tout, de la mécanique à la carrosserie, témoigne Gualter, le mécanicien. C’est plus plaisant de travailler avec ce type de véhicule, c’est aussi parfois plus simple. Il n’y a pas d’électronique, rien que de la mécanique à l’ancienne. Après la réparation, après avoir ajouté des pièces de carrosserie, c’est toujours un plaisir d’entendre le véhicule tourner ».
Le mini-musée de Jean-François
Dans l’entrepôt de l’entreprise de BTP qui se situe en Seine-et-Marne se trouvent quelques pépites dont certaines sont à restaurer :
Berliet GBK 80 de 1970. « Il reste beaucoup à faire, nous l’avons un peu restauré, raconte le passionné.Sur la caisse, des éléments de carrosserie étaient attaqués. À l’heure actuelle, la caisse sert à stocker des pièces (calandre de Berliet TLR et GLR, pièces de carrosserie, sièges, silencieux de TLR, réservoir Berliet…). Ces pièces proviennent de notre stock personnel mais certaines ont été chinées ».
Crédit photo : Christophe Barette
Renault CBH de 1984. Un Berliet jaune de conception, mais badgé Renault Vehicules Industriels. « Renault a fait évoluer le moteur d’origine Berliet mais le bloc reste un 12 l avec culasses séparées. L’injection est également RVI ».
Crédit photo : Christophe Barette
Renault Midlum 180 DCI. Ce véhicule était un bibliobus appartenant au conseil départemental de l’Hérault. « Nous possédons avec ma femme de nombreuses revues, aussi bien de poids lourds que de l’histoire de France, et nous avons en projet de relancer ce bibliobus pour partager ces livres pendant les truck shows ».
Crédit photo : Christophe Barette
Exposer pour partager
De la Bretagne à l’Auvergne, Jean-François Rouchet parcourt les routes de France pour exposer ses camions anciens. Les rassemblements de poids lourds sont l’occasion de rencontrer des passionnés de tous âges. « Certains propriétaires ne viennent pas du monde du camion, mais on finit par devenir des collectionneurs. Le prix d’un véhicule démarre à moins de 1 000 euros. Ce qui permet à beaucoup de gens de pouvoir se lancer dans la restauration ».
En juillet, Jean-François a participé à la traversée de Paris estivale avec son Berliet TLR équipé d’un porte-engin CTM. Un véhicule qui se trouve dans un autre dépôt dans le département de la Marne, que France Routes vous fera découvrir prochainement.



