Camions de chantier : souvenirs, souvenirs…

Dans la foulée du salon Bauma, qui s’est tenu à Munich en avril dernier, voici une dernière évocation de camions de chantier qui se sont distingués autrefois en Europe. Avec deux modèles à cabine à capot et deux modèles à cabine avancée, tous d’entraînement 6×4.

Avec pour commencer, en photo d’ouverture, un Scania LT 110 d’un entrepreneur suisse. La photo n’est pas datée, mais on peut la situer après 1968 car seul le nom Scania apparaît sur le capot, sachant qu’auparavant tous les véhicules de la marque étaient siglés Scania-Vabis. La benne à vérin télescopique central est signée du carrossier suisse Trösch, toujours actif aujourd’hui. 

Un diesel réputé 

Sous le capot du L 110 on trouvait un moteur qui connaîtra une longue descendance : le 6 cylindres en ligne D 11 de 11 l de cylindrée. À l’époque, il ne développait que 202 ch DIN à 2 200 tr/mn, mais sa version suralimentée par turbocompresseur caracolait à 275 ch DIN au même régime. La cabine du L 110 dérivait de celle du L 75 de 1958. Elle n’était pas bien grande, d’un style un peu vieillot, mais elle était fonctionnelle. On notera que les ponts étaient à simple réduction, tandis que, pour le marché suisse, toutes les roues étaient dotées de jantes Trilex. 

Fiat 693 : le premier 6x4 de grande série du constructeur italien

Apparu en 1964, en même temps que le 619 d’entraînement 4×2, le Fiat 693 a été le premier 6×4 de grande série du constructeur italien. La cabine était fixe et d’un aménagement rustique mais elle était appréciée.
Crédit photo : D.R.

Sensiblement à la même époque (la série est apparue en 1964), le Fiat 693 a été un best-seller de la marque italienne en chantier. C’était aussi son premier vrai 6×4, conçu pour porter lourd avec un PTC technique de 30 t. Il faut rappeler qu’en Italie les valeurs maximum légales de PTAC et de PTRA étaient, et sont toujours, fortement majorées pour les camions de chantier (benne et porte-malaxeur principalement). 

Conduite à droite 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce camion, dont on distingue le volant du côté droit de la cabine, n’est pas destiné au marché anglais (le 693 n’y sera d’ailleurs jamais diffusé) il se trouve simplement qu’à cette époque, en Italie, tous les camions devaient avoir une conduite à droite. On estimait que les conducteurs pouvaient ainsi serrer au plus près le côté de droit de la chaussée, au bénéfice de la sécurité. Côté motorisation, le 693 recevait l’excellent 6 cylindres en ligne Fiat de 12,883 l qui développait une puissance de 208 ch DIN à seulement 1 900 tr/mn. Les ponts étaient à double réduction. En France, ce modèle a été diffusé avec succès par le réseau Unic dont les camions de chantier étaient, eux, à cabine à capot. 

FBW 80-V de 1973

Constructeur suisse de camions et de châssis pour autobus et cars postaux, FBW avait une réputation d’excellence qui justifiait des prix élevés et de longs délais de livraison. Ce 80-V de 1973 a été l’un de ses rares 6×4. Le dernier camion FBW a été produit en 1985.

 
Crédit photo : Archives C. Siebertz

Une curiosité maintenant. Ce beau 6×4, à la présentation soignée, est un oiseau rare et même très rare : un FBW 80-V de 1973. La configuration 6×4, associée à une cabine avancée, était alors inhabituelle dans la gamme du constructeur suisse. Autre particularité, sa motorisation était verticale alors que FBW privilégiait surtout (comme Büssing en Allemagne) les motorisations horizontales sous châssis, dans l’empattement. Si, là aussi, la conduite est à droite, ce n’est pas par obligation réglementaire mais par choix du client. Il est vrai qu’en montagne, sur des routes très étroites, cette position présentait, et présente encore, quelque avantage. 

Des ponts français 

Alors que FBW produisait la plupart de ses composants (moteurs, essieux, boîtes de vitesses automatiques, ces dernières pour les châssis de bus), ce modèle 6×4 avait la particularité d’avoir des ponts Berliet. Des ponts Soma seront aussi proposés par la suite. Son diesel E3A à 6 cylindres en ligne développait 260 ch à 2 000 tr/mn, suivi d’une boîte ZF à 8 rapports. Comme tous les 6×4 suisses de l’époque, il était homologué au PTAC de 25 t, à comparer au PTAC de seulement 19 t alors alloué aux 6×2. 

Renault CBH 6x4 pour travaux durs

Une Renault CBH 6×4 dans son élément : travaux durs, ambiance chaude et poussiéreuse, charge élevée. Celui-ci opérait au Chili, en 1994.
Crédit photo : D.R.

Enfin, un grand classique français qu’on ne présente plus, un Renault CBH. Ce modèle avait succédé au Berliet GBH 280 en 1986, avec l’apport d’une nouvelle cabine, dont la version à capot court avait été dévoilée en 1982 sur le C 260. Le CBH progressera au rythme des évolutions du moteur Renault de 12 l, jusqu’à une puissance de 380 ch avec la suralimentation inter-refroidie. Conçu pour les chantiers difficiles et les travaux lourds, ce camion a surtout fait carrière à la grande exportation, comme ici, un CBH 340 travaillant au Chili, en 1994.

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