Depuis le retrait des Kamaz et Maz russes et biélorusses pour des raisons politiques en 2023, la catégorie Camion du rallye Dakar, dont la 47e édition s’est déroulée du 3 au 17 janvier 2025 en Arabie Saoudite, offre plus d’opportunités à d’autres constructeurs.
L’édition de cette année, confirmée par les organisateurs comme l’une des plus difficiles de tous les temps, comprenait douze étapes couvrant un total de 8 000 km de Bisha à Shubaytah, dont plus de 5 000 km de spéciales.
Iveco 9 sur 10 ! Pourtant, la concurrence reste limitée, et Iveco s’est imposé comme le grand gagnant cette année, avec 9 camions dans les 10 premiers.
Crédit photo : A.S.O. J.Lindini
Le fait marquant de cette édition l’a d’ailleurs précédée : ce fut sans aucun doute la signature d’Ales Loprais avec le team De Rooy. Même si certains observateurs avisés avaient parié sur cette association, l’ancien pilier de la marque Tatra a surpris son monde en rejoignant l’écurie néerlandaise qui roule en Iveco à moteur FPT.
Crédit photo : A.S.O. / F. Le Floc’h DPPI
Car, au volant d’un camion fiable, ils savaient que Loprais pouvait viser le podium. Gagné, il termine troisième… J’aurais dû miser gros !
Macik impérial. Néanmoins, Loprais n’a jamais été en mesure de détrôner le tenant du titre Martin Macik, qui réalise un beau doublé au volant de l’Iveco #600. Il est secondé par le jeune Michel van den Brink, déjà impressionnant lors de l’édition précédente.
Contreperformance de Soltys. J’avais également pronostiqué un bon Dakar du vétéran Martin Soltys, au volant du Tatra #604 à capot préparé par le team Buggyra avec un moteur Gyrtech issu des camions de course du championnat de France. Le pilote tchèque avait de quoi rivaliser avec les meilleurs, il termine finalement 14e.
Nouveau venu dans la catégorie, le Lituanien Vaidotas Žala, habitué du Dakar en catégorie T1+, n’a pas tardé à se faire remarquer. Dès le prologue, il terminait deuxième, et a ensuite régulièrement occupé une place sur le podium grâce à son performant Iveco #606 du team de Rooy. Malheureusement, une étape compliquée lui a fait perdre beaucoup de temps, le reléguant à la cinquième place du classement général. Il reste un pilote à surveiller à l’avenir.
Gestion gagnante de Macik. Parmi les vainqueurs d’étapes, Ales Loprais s’est imposé à plusieurs reprises. Cependant, Martin Macik a su mieux gérer le rallye dans sa globalité. Il s’est rapidement forgé une petite avance au général et a évité de prendre des risques inutiles, se contentant de rester au contact d’Ales Loprais. Une stratégie payante qui lui permet de remporter cette 47ᵉ édition.
Nouvelle jeunesse. Cette édition marque un rajeunissement notable des leaders en camion, une excellente nouvelle pour le sport. Mais un problème majeur ressort lors de l’analyse des résultats : les écarts sont abyssaux. Avec 2 h et 20 mn d’avance, Macik a écrasé la concurrence. Pour vous donner une idée, le quatrième du classement général, Kees Koolen, termine à plus de 6 h du vainqueur ! Il est loin le temps où le Dakar se jouait dans un mouchoir de poche.
Crédit photo : A.S.O. / C.Lopez
Pas de Français aux avant-postes. Quant aux Français, ne les cherchez pas : aucun n’est en mesure de jouer les premiers rôles. Le drapeau bleu-blanc-rouge n’apparaît que sur les portières des camions d’assistance, qui ne parcourent pas l’intégralité du rallye et ne figurent donc pas au classement final.
Crédit photo : Buggyra
Crédit photo : Buggyra
Médias en retrait. Regrettons enfin la couverture télévisée décevante. Après l’espoir suscité l’année dernière par l’arrivée de La Chaîne L’Équipe, la retransmission en 2025 a été catastrophique. La captation de la catégorie camion a été quasi inexistante, une véritable frustration pour les passionnés. Espérons que les téléspectateurs feront entendre leur mécontentement et que les responsables réaliseront enfin que les camions font aussi partie intégrante du Dakar !
Crédit photo : Actiongraphers





