Bien qu’en faveur d’un mix énergétique selon les usages, les objectifs du plan de la Confédération des grossistes de France (CGF) se concentrent sur la transition vers l’électrique. « C’est la plus complexe et coûteuse à nos yeux », estime Stéphane Antiglio. Aujourd’hui selon le président de la CGF, la flotte des entreprises du commerce de gros « se compose de 460 000 véhicules dont 40 000 camions, 190 000 utilitaires et 230 000 voitures particulières qui servent parfois à la livraison ». La structure nationale rassemble 160 000 entreprises au sein d’une trentaine de fédérations.
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Objectif 25 % de camions électriques en 2030
Pour les poids lourds, sa feuille de route prévoit d’atteindre un parc électrifié de 15 à 25 % d’ici à 2030, contre 0,5 % cette année. A 1,5 % cette année, la flotte d’utilitaires électriques serait comprise entre 20 et 40 % dans cinq ans, et de voitures électriques pour moitié des automobiles totales (contre 12 % actuellement).
Appel à la raison fiscale
Les fourchettes larges retenues reflètent la prudence des grossistes sur les conditions à réunir pour atteindre ces objectifs. Elles sont économiques tout d’abord, « avec la nécessité d’un cadre fiscal et réglementaire clair, réaliste et progressif pour sécuriser les investissements », confirme leur président. A l’heure où le projet de loi de Finances 2026 enflamme les débats, la CGF appelle donc à la raison fiscale et réglementaire, « afin de préserver nos capacités d’investissement nécessaires à la mise en œuvre de ce plan », avertit Stéphane Antiglio. Les aides sous forme d’incitations, comme le CEE Camion électrique, sont encouragées en parallèle.
Mutualisation des stations de recharge électrique
Au plan technologique, la liberté de choix des énergies en fonction des usages « doit s’accompagner d’une indispensable montée en maturité de l’écosystème électrique dans le domaine des flottes et des bornes de recharge ». Pour viser le haut de la fourchette et accélérer la décarbonation des camions, la CGF préconise de « mutualiser les bornes électriques avec les transporteurs pour compte public ». Elle suggère aussi « d’assouplir et d’harmoniser les règles d’installation des stations de recharge sur site ».
Les grossistes sont également clients des transporteurs pour compte d’autrui. En plus de s’engager à recourir « aux transports intermodaux », ils privilégieront « les transporteurs dont la performance environnementale est reconnue ». Cette démarche s’accompagnera d’un suivi de leurs émissions et d’une sensibilisation des transporteurs non engagés dans la réduction de leur empreinte carbone.
