[ Elections municipales ] L’interdiction de circulation des camions sur la rocade d’Avignon mise en échec

Contestée à l’automne par les organisations du transport routier de marchandises, l’hypothèse d’une fermeture partielle de la rocade Charles-de-Gaulle aux poids lourds n’a pas pu être mise en œuvre. L’avis défavorable de l’État a stoppé le projet municipal, sans toutefois clore le débat : les organisations professionnelles restent vigilantes.

A Avignon, le dossier de la rocade Charles-de-Gaulle n’a pas connu l’issue redoutée par les transporteurs à la rentrée 2025. En septembre dernier, les principales organisations professionnelles du transport routier de marchandises – FNTR, OTRE, Union TLF et GNTC – avaient fait front commun contre le projet porté par la municipalité visant à restreindre la circulation des poids lourds de plus de 38 t sur cet axe structurant du réseau local. La mesure, envisagée à titre expérimental sur un an, devait s’appliquer en journée et visait à réduire les nuisances sonores et la pollution dans les quartiers riverains, ce qui aurait pénalisé les dessertes locales et l’activité transport.

Avis défavorable du préfet

Depuis, le projet n’a pas franchi l’étape réglementaire décisive. À l’automne, le préfet du Vaucluse a rendu un avis défavorable à l’arrêté municipal envisagé. L’État a notamment pointé :

  • l’insuffisance des itinéraires de substitution,
  • les risques de congestion accrue sur les axes périphériques,
  • l’impact économique pour les entreprises du bassin avignonnais.

En l’absence de validation préfectorale, la restriction n’a donc pas été mise en œuvre et la circulation des poids lourds reste autorisée sur la rocade dans les conditions actuelles.

Prise en compte de l’impact économique

Les organisations du TRM y voient la reconnaissance des arguments techniques et économiques qu’elles avaient portés dès l’annonce du projet, ainsi que le résultat d’une mobilisation coordonnée au niveau local et national.

La municipalité, de son côté, n’a pas renoncé à son objectif de réduction des nuisances, mais se trouve contrainte de revoir sa copie et d’engager une concertation plus large avec l’ensemble des acteurs concernés. « La Préfecture du Vaucluse a recommandé à la mairie de réamorcer le dialogue avec l’ensemble des parties prenantes pour retravailler sur une autre solution », confirme Nathalie Lutman, secrétaire générale de la FNTR Provence Alpes, tout en indiquant que le dialogue n’a pas encore repris, probablement à cause du contexte électoral.

« Cela n’empêche pas la mairie d’envoyer régulièrement quelques piques à l’encontre du trafic poids lourd, ce qui fait que nous restons vigilants », souligne pour sa part Jean-Marc Montagnac, secrétaire général de l’OTRE PACA. Ainsi, chaque semaine, les organisations envoient une personne en mairie pour vérifier « qu’il n’y a rien de nouveau au tableau d’affichage ». Un transporteur averti en vaut deux.

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