En visite à l’usine Dhollandia de Wormhout (Nord)

Dans la plaine du département du Nord à Wormhout, non loin de l’autoroute A25 qui relie Lille à Dunkerque, se dresse un imposant site de production de 40 000 m2 répartis en trois bâtiments. Ici, 150 personnes fabriquent 15 000 hayons élévateurs par an. Des Dhollandia, évidemment…

Dans le jargon du transporteur cette marque est presque devenue un nom commun comme frigidaire, estafette ou mobylette tant elle est associée au hayon élévateur, équipement indispensable à la livraison des marchandises, et pas seulement en ville.

Entreprise quadragénaire. Dhollandia France est établi dans le département du Nord depuis près de trente ans, mais a fêté l’année dernière ses quarante ans d’existence, créé par celui qui en est toujours le PDG, Marc Gamblin.

Marc Gamblin (à gauche) a fondé Dhollandia France voici 40 ans et en est toujours le PDG. Mais il passe progressivement la main à ses trois enfants, dont Paul (à gauche), actuellement directeur opérationnel.
Crédit photo : Nicolas Grumel

Cette aventure industrielle est étonnante : le hayon élévateur a bien été créé en Belgique par la famille Dhollander, qui a fondé Dhollandia en 1968, mais c’est le marché français qui a boosté le produit, allant jusqu’à représenter 90 % du chiffre d’affaires dans les années 90. Si bien que la filiale française a pris beaucoup d’importance au fil des ans, et l’usine de Wormhout est devenue un modèle, celle qu’on fait visiter pour montrer le process de fabrication, même si le groupe possède six sites de production dans le monde.

Dans le bâtiment acier, est installé un poste de découpe Laser pro.
Crédit photo : Nicolas Grumel

Le million ! Désormais, Dhollandia fabrique 75 000 plateformes par an dont 30 % pour la France, et annonce avoir atteint le million de hayons produits depuis sa création. D’un poids de 150 kg à 20 t, en aluminium ou en acier, ceux-ci équipent des camions mais aussi des véhicules utilitaires, des autocars et autobus, du matériel de TP…

Dans l’usine Dhollandia de Wormhout, les opérateurs sont relativement autonomes et changent de poste régulièrement.
Crédit photo : Nicolas Grumel

Ici, on fabrique ! L’industriel se définit bien comme un fabricant et non un assembleur, 95 % des composants d’un hayon étant produits en interne. Et 3 000 pièces détachées sont fabriquées pour la gamme, chaque hayon étant un cas particulier.

Dans l’usine ont récemment été intégrés les kiosques, des tableaux numériques récapitulant la fabrication d’un produit étape par étape, de la commande du carrossier au service commercial, basé à Nanterre en région parisienne, à l’usine, avec un numéro de série identique de l’origine à la livraison.

Le nombre de pièces détachées, ici sur un hayon en aluminium est assez conséquent. Un tel équipement varie de 2 000 € à 8 000 € sur un poids lourd.
Crédit photo : Nicolas Grumel

Un hayon de poids lourd pèse en moyenne 300 kg, et il est fabriqué en six semaines. Il ne contient que très peu d’électronique, mais un moteur électrique de 800 W, ce qui limite les risques de panne. Le service R&D est composé d’une dizaine d’ingénieurs.

Il existe tellement de différences entre chaque hayon élévateur fabriqué que le passage par le bureau de recherche et développement est prépondérant après la commande.
Crédit photo : Dhollandia

Maintenance en continu. Le service après-vente (SAV) est le maillon fort de Dhollandia. « Notre stratégie est de développer des parts de marchés à travers du service », explique Paul Gamblin, directeur des opérations de Dhollandia France.

Ainsi a été déployé le réseau Hydroparts assistance composé de 30 franchisés qualifiés « Agents experts Dhollandia », avec 120 ateliers mobiles en France qui interviennent sur site 24 h/24 et 7 jours/7. Il est complété d’un maillage de 530 ateliers de SAV Dhollandia Care.

L’objectif de cette stratégie est de réduire le TCO des hayons. Les clients les plus importants de l’équipementier sont les fabricants de remorques frigo comme Chéreau ou Lamberet, et les loueurs comme Fraikin et Petit Forestier. Un hayon de camion coûte en moyenne 8 000 €.

Entreprise familiale. Dhollandia France reste une société familiale, puisque Marc Gamblin, qui continue de la piloter, est entouré de ses enfants, Elodie, Amélie et Paul, qui entendent bien poursuivre cette belle aventure industrielle. Ils regardent l’avenir avec une certaine sérénité : tant qu’il y aura des camions, il y aura des hayons !

Des éléments d’un hayon élévateur en acier ne peuvent être soudées autrement que manuellement.
Crédit photo : Nicolas Grumel

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