Et si le camion électrique du futur était français ?

Un tracteur électrique Renault T E-Tech, en phase d'essai sur une autoroute lyonnaise, en mars 2026. Crédit : Pascal Piérart

En 2025, Renault Trucks a conforté sa place de leader sur le marché français du camion de plus de 6 t, avec 30,5 % de parts de marché. Il est notamment en première ligne sur l’électrification. Une position qui pourrait s’accentuer en 2026 avec l’arrivée d’un tracteur routier doté d’une nouvelle technologie.

Renault Trucks a confirmé en 2025 sa place de leader sur le segment des poids lourds électriques (de plus de 6 t), avec 58,7 % de parts de marché (PDM) en France. Certes, seulement 930 immatriculations de camions de plus de 6 t fonctionnant avec une motorisation et des batteries électriques ont été enregistrées, toutes marques confondues, ce qui est très peu en regard d’un marché français du camion de plus de 6 t se situant à 43 685 immatriculations. Mais alors que ces immatriculations globales (motorisations thermiques et électriques) étaient en retrait de 10 % par rapport à 2024, celles des camions électriques augmentaient de 39 % et, de l’avis des professionnels, le dispositif d’aide à l’achat CEE contribue à les booster. Les ventes de camions BEV (battery electric vehicle selon la nomenclature européenne) resteront en hausse en 2026.

Fabrication en France d’un nouveau tracteur électrique

Le constructeur au losange, qui appartient au groupe Volvo Trucks mais fabrique ses camions dans deux usines françaises, à Blainville-sur-Orne (Calvados) et Bourg-en-Bresse (Ain), devrait commercialiser dès cette année un nouveau modèle de tracteur T E-Tech équipé d’un pont arrière à motorisation électrique. Cette solution, présentée au salon Solutrans en novembre 2025, permet, par rapport à un moteur placé sur le châssis, de gagner de la place pour stocker l’électricité embarquée, donc d’augmenter son autonomie. Le précurseur en la matière est Daimler Truck, qui commercialise depuis quelques mois, avec un certain succès, le Mercedes eActros 600, véhicule permettant d’atteindre 500 km sans recharge en tractant environ 30 t de fret. Renault viendrait donc concurrencer Mercedes sur le segment du grand régional, l’un des secteurs sur lequel les transporteurs français sont bien placés. Le constructeur français engage assurément une nouvelle étape avec l’arrivée de cette génération de tracteurs électriques Renault Trucks E-Tech T 540, 585 et 780, dont la production démarrera en 2026.

La prochaine génération de tracteurs routiers électriques Renault T E-Tech, disponible en fin d’année 2026, devrait atteindre les 500 km d’autonomie. Crédit photo : Pascal Piérart

Une gamme complète de camions électriques

La marque française complète également sa gamme de porteurs électriques pour la logistique urbaine avec le nouveau Renault Trucks E-Tech D12 (12 t), d’un gabarit adapté aux centres-villes, disposant d’un rayon de braquage inférieur à 7,3 m. Cela lui permet de confirmer son leadership sur les usages urbains et régionaux (distribution, bennes à ordures ménagères, logistique urbaine), avec une gamme électrique couvrant les besoins de transport de marchandises de 12 t à 26 t.

Il reste maintenant à confirmer en exploitation les promesses établies par le Renault T E-Tech à essieu électrique. S’il arrive suffisamment tôt, le camion électrique portant la marque au losange française pourrait se faire une belle place sur les routes de l’hexagone dès 2026.

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