Sany et XCMG sont les deux principaux fabricants chinois de matériels de construction et de manutention. Leur affrontement commercial se double d’une rivalité technique sans concession. Ils ont ainsi présenté, à quelques mois d’intervalle, deux grues télescopiques sur porteur de… 4 000 t. Exploit ou excès ?
Crédit photo : Sany
Flèches gigantesques
On observera déjà que la taille des porteurs est inhabituelle, tant en longueur qu’en largeur. Celle des tourelles aussi. Mais les flèches sont les plus impressionnantes. Elles sont énormes, presque disproportionnées, engageant un gabarit en hauteur qui ne présage pas d’une mobilité sans souci. Ces flèches, il est vrai, peuvent se démonter.
Crédit photo : Sany
Porteurs très très lourds
L’annonce de la sortie de ces deux machines n’est évidemment pas passée inaperçue. Des grues mobiles de 3 ou 4 000 t, bien que peu nombreuses, on en connaît et on en utilise un peu partout à travers le monde, mais il s’agit toujours de grues sur chenille à flèche treillis. Or ce que les Chinois viennent de sortir ce sont des grues télescopiques sur porteur. Tout autre chose, même si leur flèche se complète d’un long jib treillis pour atteindre les hauteurs maximales.
Crédit photo : Sany
Le marché du vent…
Maintenant, pourquoi de tels engins, hors de prix et aux débouchés restreints ? C’est le marché des très grandes éoliennes qui a justifié leur mise au point. Ces nouvelles générations nécessitent en effet, en raison de leur dimension et du poids de leurs composants, l’emploi de grues capables lever des charges plus importantes à de plus grandes hauteurs.
Crédit photo : XCMG
À titre indicatif, on parle ici de nacelle de 130 t et de pales de 95 m pesant 28 t installées à 162 m de haut. Sur de tels chantiers, la mobilité est un atout décisif. De ce point de vue, la configuration sur porteur (donc sur pneus) et à flèche télescopique semble plus avantageuse que celle sur chenille à flèche treillis.
Déplacements plus rapides
Car elle permet des déplacements plus faciles et plus rapides, tout en exigeant moins de temps et moins d’espace lors de la mise en œuvre. XCMG avance ainsi un gain de temps de 20 % à 30 %. Quant au chiffre de 4 000 t, revendiqué ici, il est à comprendre comme une valeur de couple de levage nominal maximum et ne correspond pas, stricto sensu, à une réelle capacité opérationnelle. Reste que les puissances vérifiées sur site sont impressionnantes, ces deux grues ayant récemment réalisé leurs premières opérations de levage en Chine.
Crédit photo : XCMG
A lire dans France Routes n°515
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