On a vu, la semaine dernière, quelques beaux ensembles de transport de bois opérés autrefois avec des tracteurs Scania (en Norvège), Mercedes (en Autriche), FBW (en Suisse) et Mack (en Australie).
Et pourquoi pas des camions français ? Effectivement, ils méritent eux aussi d’être rappelés, d’autant que certains connurent d’importants débouchés, en particulier en Afrique et en Indonésie.
Voici donc quelques Français du bout du monde qui ont travaillé dans l’industrie du bois.
Avec, pour commencer, un Renault GLR 230 4×4 attelé à un trinqueballe mono-essieu, surpris en 1981 dans une forêt du Chili. On devine aisément que les terrains qu’il fréquentait ne devaient pas être faciles.
Rappelons que le GLR 230, lancé en 1980, sous la marque Renault, était l’ultime évolution de la (très) longue série des GLR créée par Berliet. Homologué à 19 t et disponible en 4×2 ou en 4×4, sa supériorité tenait pour l’essentiel à une motorisation suralimentée basée sur l’excellent 6 cylindres en ligne MIDS 06.20.30 de 8,8 l de cylindrée, réglé ici à 215 ch, qui connaîtra, lui aussi, une longue descendance.

Autre lieu, autre style. Ce Renault R310.26 6×4 opérait, quant à lui, en Nouvelle-Zélande, dans le milieu des années 1980. Autant le R310 a fait une immense carrière en France en application routière, autant sa version 6×4 a été plus confidentielle chez nous. Mais pas en Nouvelle-Zélande où il a été exclusivement diffusé sous cette forme ou celle, plus rare il est vrai, de dérivés 8×4,
Le R310, dévoilé au salon de Paris de 1980, était très proche du Berliet TR305, précurseur de la suralimentation inter-refroidie, dont il se différenciait essentiellement par l’aménagement de sa cabine, avec l’installation d’un nouveau tableau de bord (emprunté à l’éphémère Saviem PS30), l’adoption d’un volant au diamètre réduit, réglable en hauteur et en inclinaison, et la suppression des vitres de custode. En Europe, le R310 présentait aussi un nouveau pot d’échappement permettant une réduction sensible du niveau sonore.

Enfin, pour les emplois les plus rudes, la place était laissée au CBH, version modernisée du célèbre Berliet GBH. Celui-ci travaillait en Indonésie où Renault a remporté, jusqu’à aujourd’hui, de nombreux marchés en grumiers, essentiellement avec des 6×6, souvent carrossés en France par Diebolt qui pouvait également fournir une grue forestière.
Celle-ci servant aussi à poser ou déposer l’arrière-train, chargé sur le châssis pour les trajets à vide. Les CBH indonésiens étaient livrés avec une conduite à droite, car l’on circule à gauche dans ce pays.
