« Mon père a hérité de la scierie de mon grand-père, raconte Jean-Christophe. Dans cette petite entreprise il y avait un Autocar TU 71 44, un Dodge qui avait été transformé avec un moteur Indenor 6 cylindres diesel. Mon père avait également adapté deux treuils Braden de 2,5 t à l’arrière afin de bouger la chèvre et les billions. L’entreprise disposait d’un deuxième Dodge. Dès l’âge de trois ans, j’allais débarder du bois. Je ne pouvais m’empêcher d’être dans ces camions ».
Crédit photo : Collection Jean-Christophe Audin
La rencontre d’une vie
Le père de Jean-Christophe Audin fournissait plusieurs scieries en Suisse. Un transporteur venait régulièrement à la scierie. « La première fois qu’André Pugin est venu avec son Mercedes 338, il n’a pas pu sortir de la scierie, se remémore Jean-Christophe. Il a fallu décharger puis tirer le camion car le chargement était trop lourd. Comme il était sympa, il s’est lié amitié avec mon père, il a même passé un 14 Juillet à la maison. C’était en 1973, je m’en souviens bien. A la fin du repas, il me propose de m’emmener en Italie. Nous sommes partis le lendemain matin. » L’enfant de 6 ans n’en croit pas ses oreilles. Ce sera son premier grand voyage, en Mack R 600. Jean-Christophe, dit Titou, partira en vacances en Suisse chez André pendant 45 ans.
Crédit photo : Collection Jean-Christophe Audin
Souvenirs d’enfance
« Lorsque j’étais petit, rien qu’en entendant le moteur je pouvais donner le nom et le modèle du camion. Dans le Mack R 600, il n’y avait pas de climatisation. Pendant la descente en Italie je m’endormais souvent sur la portière. C’était tellement long que mon copain se servait d’une cale sur l’accélérateur… »
Poursuivant ses études, Jean-Christophe Audin a passé son permis poids lourd à l’armée. Mais il n’a plus jamais conduit, avant son achat coup de cœur. « Stéphane, un voisin qui possède un Kenworth W 900 L, me l’a fait essayer. J’ai été un des rares à ne pas faire craquer la boîte ! »
L’achat du T 800 B
Jean-Christophe cherchait un camion américain de ce type depuis longtemps. Sa profession l’a poussé à vivre dans différents pays d’Afrique, mais il a retrouvé l’Hexagone il y a sept ans. « J’ai commencé à en chercher un sur les sites de petites annonces, se rappelle-t-il. Mais acheter un camion en Hollande me contrariait. Puis enfin, j’en ai trouvé un. J’ai posé plein de questions au vendeur sur le type de moteur, la marque des ponts, la boîte… Nous avons parlé trois heures au téléphone. Je suis descendu en train trois jours après pour conclure l’affaire ».
Crédit photo : Collection Jean-Christophe Audin
250 000 km, pas un poil de rouille
Pour la transaction, Jean-Christophe a demandé à son ami suisse André de l’accompagner, direction Fuveau non loin d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Les deux compères prennent quelques infos sur le Kenworth T 800 B auprès du vendeur. Historiquement, il tractait une remorque d’exposition de cuisines, jamais de lourdes charges. Il est resté une vingtaine d’années dans un hangar, puis a été remis en service pour transporter de la paille et des chevaux avant d’être mis en vente. Jean-Christophe l’achète, il y a pile deux ans.
Le Kenworth T 800 B date de 1996. Il a été homologué chez FM Poids Lourds Strasbourg. Le moteur est un Detroit Diesel Series 60 de 11,1 l, à 6 cylindres en ligne, qui développe 365 ch à 1 900 tr/mn. Il est équipé du fameux frein moteur Jacobs, d’une boîte Eaton Fuller à 10 vitesses et de ponts Meritor RT 46-160 P.
Crédit photo : Collection Jean-Christophe Audin
Vidanges et changement de rotules
« La première chose que j’ai faite, c’est la vidange du moteur, des ponts et de la boîte, énumère Jean-Christophe. J’ai vérifié la direction assistée et changé les rotules de la barre d’accouplement. Après un an, le camion n’avait pas perdu une seule goutte d’huile. Par la suite, j’ai remplacé les boudins de suspension ainsi que les cylindres de frein du premier essieu arrière ».
Le passionné redonne un coup de jeune à son bijou. « À l’extérieur, les jantes, le pare-chocs, la barre latérale de la grille, les clignotants, les rétroviseurs, la visière et les cheminées ont été changés et une peinture complète à l’exception du châssis a été réalisée. À l’intérieur, j’ai installé des petits cadrans chromés sur le tableau de bord, un nouveau pommeau de vitesse, des pédales en alu, un nouveau volant et des caméras pour manœuvrer plus facilement ». Pour les pièces, Jean-Christophe Audin passe par les transports Laguë de Boucherville près de Montréal, spécialiste de la location de camions au Canada, qui dispose de l’ensemble d’un large choix.
Crédit photo : Collection Jean-Christophe Audin
Bientôt en exposition
Le Kenworth T 800 B a déjà été exposé deux fois lors du Grand Prix Camions du Castellet. Il devrait reprendre la route du Var l’année prochaine. Il sera également visible pendant l’inauguration d’un garage en Suisse, au printemps prochain. En attendant, en décembre il devrait faire sensation à la Foire aux dindes de Jaligny-sur-Besbre (Allier). où il sera exposé le dimanche 21 décembre.




