Les règles Vecto inquiètent les distributeurs et carrossiers du véhicule industriel

Les règles européennes de réduction des émissions de CO2 Vecto pour les camions et Vecto Trailer pour les remorques seront difficiles à mettre en œuvre. Dans leur Panorama des véhicules industriels et utilitaires, présenté le 28 octobre à Paris, les organisations professionnelles Mobilians et Fédération française de carrosserie (FFC) alertent sur des marchés atones en manque de visibilité.

Les carrossiers et constructeurs de remorques et semi-remorques pourront-il se conformer aux obligations du règlement européen Vecto trailer ? D’ici 2030, celui-ci « prévoit une réduction de 10 % des émissions de CO2 pour les semi-remorques et de 7,5 % pour les remorques », rappelle Guillaume Olivier. Pour le président de l’organisation professionnelle FFC Constructeurs, qui regroupe 400 carrossiers, ces objectifs sont tout simplement « inatteignables. Les leviers à notre disposition sont limités autour du poids, de l’aérodynamisme, la résistance au roulement et l’emploi de nouveaux matériaux ».

Vecto Trailer : des équipements ne sont pas pris en compte

Les constructeurs de semi-remorques regrettent que Vecto Trailer ne prenne pas en compte des équipements qui permettent de limiter les émissions de CO2 des ensembles routiers. Ils travaillent avec l’Union Européenne pour définir une deuxième version de la règlementation.
Crédit photo : Chéreau

Des distributeurs inquiets

Les distributeurs de véhicules industriels (VI) sont logés à la même enseigne. Au sein de Mobilians, qui déclare 180 000 distributeurs et réparateurs automobiles membres, ils doivent respecter les règles européennes Vecto appliquées aux VI. Pour les camions, elles fixent dès cette année une réduction de 15 % des émissions de CO2 par rapport à la moyenne des émissions en 2019 et 2020. « Cette diminution sera atteinte grâce à la baisse des ventes de camions », affirme Nicolas Lenormand, président du métier VI de Mobilians. Au 1er semestre 2025, les immatriculations de véhicules neufs de plus de 5,1 t ont chuté en effet de près de 19 %. A fin octobre, le retard était encore conséquent à – 13,2 % malgré de meilleures ventes.

Les distributeurs de véhicules industriels sont inquiets

(Image d’illustration) Les distributeurs de véhicules industriels sont inquiets. Alors que le marché est atone, ils s’estiment pris en ciseaux avec, d’un côté, « des constructeurs sur lesquels pèsent de réelles incertitudes économiques » et, de l’autre, « des clients qui retardent leurs investissements et limitent leurs dépenses d’entretien ». C’est ce que reflète le Panorama du VI publié fin octobre par Mobilians et FFC Constructeurs.
Crédit photo : DIAN

Difficultés à prévoir en 2030

Plus difficile est le prochain pallier des règles Vecto pour les camions. « Il vise une réduction de 43 % des émissions carbone d’ici 2030 », précise-t-il. D’autant que cette baisse coïncidera avec la sortie en 2027 des camions Euro 7. Bien que significative, la hausse des ventes de poids lourds électriques ne suffirait pas atteindre ces objectifs, selon Nicolas Lenormand.

Marchés atones

Ce constat est l’un des volets du Panorama des filières Véhicules industriels et Utilitaires publié par Mobilians et FFC Constructeurs. A l’intérieur, les deux organisations professionnelles alertent sur « le net ralentissement de leurs marchés et une transition énergétique qui tarde à se mettre en place ». Ils s’estiment pris en ciseaux avec, d’un côté, « des constructeurs sur lesquels pèsent de réelles incertitudes économiques » et, de l’autre, « des clients qui retardent leurs investissements et limitent leurs dépenses d’entretien ».

Le Panorama souligne par exemple « le pic historique de défaillances et l’augmentation des délais de paiement », cite Guillaume Olivier. S’ajoutent « des activités en baisse, ou au mieux en stagnation, dans le transport routier de marchandises ainsi que dans les secteurs agricole, BTP, du commerce de gros et des produits manufacturés », abonde Nicolas Lenormand. Près de 80 % des entreprises n’auraient pas procédé à des investissements en matériel roulant et le reste aurait juste fait du renouvellement, déplore-t-il.

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