Crédit photo : DR
Comment est né ce groupe de passionnés ?
J’ai rencontré Jack Bouvet par les réseaux sociaux et nous avons tout de suite sympathisé. Le fait de travailler tous les deux sur le port du Havre a permis que nous ayons rapidement de longues discussions autour de notre histoire commune. Nous avons beaucoup échangé puis partagé bon nombre de photos. Jack possède une grande collection de clichés de transporteurs, comme Carrion et un tas d’autres. Je lui ai montré les miens. Nous avons eu très vite l’idée de partager cette histoire via Facebook. Ainsi est né le groupe « Les transporteurs havrais disparus ».
Crédit photo : Capture d’écran Facebook
Sa fréquentation atteint déjà 2 700 abonnés. Quelle est votre recette ?
Nous partageons des photos de collection mettant en avant tout type de transport, du conteneur au bâché. Elles montrent le matériel et la vie du port pendant des décennies. Le port du Havre est un poumon économique pour les transporteurs normands, la ville et la région. Chaque jour nous recevons des photos des « amis » qui nous suivent. Je m’aperçois grâce à cette page que bon nombre de personnes disposaient de photos, même si à l’époque le téléphone portable n’existait pas. Souvent, elles n’en faisaient rien. Là, les gens se retrouvent, demandent des nouvelles d’anciens collègues partis en retraite ou reconvertis. Certains se rencontrent, prennent des verres ensemble, nous mettons du lien entre les professionnels actuels et les anciens du port, entre les générations. Nous ne nous attendions pas à un tel succès, aussi rapidement.
Du lien, mais aussi de l’émotion : la fille d’un conducteur décédé a retrouvé son patron, qui l’avait emmenée en vacances à la suite du drame… Vous nous racontez ?
En effet, une dame d’une quarantaine d’années nous a contacté et raconté l’histoire de son père, qui était routier pour un transporteur normand. Il est mort dans un accident de la route. À l’époque, le patron de l’entreprise l’avait enmenée en vacances pour lui changer les idées. Elle était enfant et n’a jamais pu le remercier. Il se trouve qu’un abonné de notre groupe est le gendre du patron en question. Il l’a mise en contact avec sa femme, l’ancien employeur étant décédé à son tour. Le groupe a permis de renouer ce lien.
Racontez-nous également l’émotion générée autour des transports Transpevrac…
L’entreprise a fermé en 1976. Lorsque nous avons publié des photos d’elle, d’anciens chauffeurs et beaucoup de leurs enfants les ont commentées. Les femmes sont des contributrices actives, qu’elles soient routières ou conjointes de routier. Tout cela prouve l’utilité des réseaux sociaux.
Crédit photo : Archive de Jack Bouvet
Ce succès vous donne-t-il des ailes ?
Nous souhaitons faire grandir cette communauté. Nous sommes aujourd’hui trois modérateurs actifs sur le groupe. Nous projetons d’organiser une soirée avec un grand repas, pourquoi pas sur le port ou à proximité, afin de se rencontrer tous, retraités, collègues en activité, et de partager un moment intense ! Affaire à suivre !


