Jérémie Bogaert, le PDG des transports Bogaert, exploite plusieurs camions électriques en conditions réelles. Les coûts sont désormais les mêmes qu’avec un camion au gasoil.
Crédit photo : Reinhard Wirtz pour Daimler Truck France
Combien exploitez-vous de camions électriques actuellement ?
Nous avons trois Mercedes eActros 300 et deux eActros 600 en exploitation, dont l’un est conduit par Julien Devalckenaere. Un troisième eActros 600 est commandé. Il est prévu d’arriver rapidement à une quinzaine de camions électriques en exploitation. Nous avons bénéficié d’une aide financière de l’Ademe dans le cadre de l’appel à projets Véhicules lourds électriques de 2024. Les transports Bogaert exploitent un parc de 90 tracteurs routiers. Pour le transport local et régional nous utilisons du biocarburant B100, et du diesel pour l’international.
Les camions électriques sont-ils réservés à des activités de transport particulières ?
Pour le moment nous ne les affectons pas à du transport national car il n’y a pas encore assez de stations de recharge publiques. Mais en transport régional le eActros 600 est très intéressant car on peut programmer la même journée qu’avec un camion au gasoil. L’autonomie peut atteindre 580 km, 550 km en moyenne en fonction de la météo, mais on est vraiment sur une journée d’exploitation normale par rapport au gasoil.
Avez-vous installé des bornes de recharge dans vos dépôts ?
Pour l’instant les conducteurs les branchent chez le concessionnaire Mercedes de Cappelle-La-Grande, Ghistelinck, près de Dunkerque (département du Nord). Nous avons déjà une borne au dépôt et le projet en 2026 est d’en installer deux supplémentaires. Nous n’avons pas encore décidé de l’installateur de cette station.
Le camion électrique, ce sont les chargeurs qui vous le demandent ?
Deux clients nous ont demandé de livrer la marchandise en transport décarboné. Mais on ouvre aussi les prix à certains clients, parce que ce n’est pas encore assez démocratisé. Nous avons beaucoup roulé avec le eActros 300 et donc acquis de l’expérience. Avec le eActros 600, on arrive maintenant à une journée d’exploitation classique. On peut revoir les coûts d’exploitation, il y a moins de recharge, donc on n’a pas forcément besoin d’une recharge en station publique, qui coûte plus cher.
Vous êtes-vous fixé un objectif de long terme sur la quantité de camions électriques qui vont composer la flotte des transports Bogaert ?
J’aimerais passer la moitié de la flotte en camions électriques. Mais c’est un objectif très important. L’intérêt c’est de prendre de l’avance par rapport à la concurrence.
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