Les transports Idelot, avec un siège à Cuvergnon (Oise) et une succursale à Thieux (Seine-et-Marne), sont spécialisés dans les travaux publics et ont une activité complémentaire dans le fret. Leur zone d’intervention couvre la région parisienne et les Hauts-de-France. Guillaume Jacquemart, qui en est le PDG, explique pourquoi il s’est impliqué dans la Charte poids lourds de l’Oise.
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Vous êtes le premier transporteur à avoir signé ce document, comment est née cette démarche ?
C’est une initiative du Conseil départemental de l’Oise, qui recherchait des interlocuteurs du secteur pour construire un projet autour de la circulation des poids lourds. J’étais ravi d’être associé dès le départ, en tant qu’interlocuteur privilégié. L’objectif, c’est d’améliorer la compréhension entre les différents acteurs — collectivités, services de l’État, transporteurs — et d’essayer de faire une boîte à outil pour que ça marche un peu mieux. J’ai signé le 18 juillet 2025, rejoint ensuite par deux concessionnaires du département. D’autres entreprises de transport sont en discussion et certaines montrent un réel intérêt. Nous espérons que cette dynamique va s’amplifier, car l’objectif est de montrer que la profession s’implique et qu’elle veut participer activement à l’amélioration des conditions de circulation et de travail.
Concrètement, qu’est-ce que cette charte change pour vous et vos confrères ?
C’est avant tout un cadre de dialogue. Elle crée un espace de discussion entre tous les acteurs : le Département, les communes, la préfecture, la Dreal, les affréteurs et les transporteurs. On y parle par exemple de l’utilisation de GPS adaptés aux poids lourds pour éviter certains itinéraires, de la priorisation des axes principaux ou encore de la coordination des arrêtés communaux pour éviter des contournements incohérents. Tout cela doit permettre de fluidifier la circulation et de limiter les tensions sur le terrain. Dans l’Oise, c’est un enjeu particulier : le département est très traversé par les camions, dont beaucoup ne font que passer sans retombée économique locale. L’idée, c’est de travailler ensemble, de faire remonter les problèmes, et d’essayer de trouver des solutions concrètes, sans opposition entre transporteurs, élus et riverains. La charte est basée sur le volontariat : elle n’est pas contraignante, mais elle engage moralement. Des points réguliers sont prévus avec le Conseil départemental pour suivre les actions et voir ce qui fonctionne.
La Charte évoque aussi la place des affréteurs et des donneurs d’ordre… Sont-ils sollicités pour la signer ?
Si l’on souhaite progresser, il faut que les affréteurs soient associés. C’est d’ailleurs dans l’esprit même de la charte et dans l’intérêt de cette démarche : impliquer tout le monde, y compris les donneurs d’ordre, que ce soit dans le TP, le transport de palettes ou la grande course. Il faut que chacun prenne conscience de son rôle dans la chaîne. Il y a une grande similitude avec le dispositif Objectif CO₂, dans lequel Idelot est également impliqué, avec le suivi des émissions, la réflexion sur les flux, la sensibilisation des chargeurs… Ce sont des démarches différentes mais complémentaires, avec la même idée : agir collectivement et de manière responsable.
