L’Union européenne expérimente une filière de recrutement de conducteurs en Égypte et au Maroc. Un dispositif qui cherche à répondre à la pénurie de chauffeurs en agissant sur la mobilité internationale.
Tandis que l’Italie envisage d’abaisser l’âge minimum d’accès à la conduite d’un poids lourd, l’Union européenne expérimente une autre réponse à la pénurie de conducteurs routiers, en allant les chercher hors de ses frontières. Après une première phase consacrée à l’élaboration d’un cadre opérationnel, l’UE passe à l’expérimentation de filières de mobilité de conducteurs, avec le programme « Skilled Driver Mobility for Europe II » SDM4EU II.
600 conducteurs en formation
Le projet teste des parcours intégrant la sélection des chauffeurs, leur formation et la mise en relation avec des employeurs, sur deux flux pilotes Maroc/Italie et Égypte/Roumanie. Lancé en juin 2026, il doit former 600 conducteurs professionnels dans les deux pays d’origine selon des standards adaptés aux exigences européennes, dont 200 destinés à rejoindre des entreprises de transport italiennes et roumaines (100 chauffeurs par pays). « Ce projet offre une solution gagnant-gagnant claire, aidant l’Italie et la Roumanie à remédier à leur pénurie de conducteurs tout en renforçant les compétences et les perspectives d’emploi des conducteurs professionnels en Égypte et au Maroc », estime Patrick Philipp, directeur de la certification et des normes de l’organisation IRU.
Budget : 6 millions d’euros
SDM4EU II doit se dérouler jusqu’en décembre 2028. Son budget atteint près de 6 millions d’euros, financés à 95 % par le Fonds européen Asile, Migration et Intégration (AMIF). Le programme prévoit la formation dans les pays d’origine, la sélection des candidats, la préparation avant le départ, l’accompagnement administratif et la mise en relation avec les entreprises européennes. Le projet prévoit aussi de renforcer les capacités locales de formation, avec notamment la montée en compétences de 30 formateurs.