Rétrofit hydrogène : société auxerroise recherche investisseurs

La société d’ingénierie auxerroise Retrofit Hydrogen RH2 a mis au point un kit de rétrofit hydrogène pour moteur à combustion de camion fonctionnant au gasoil. Elle exposait un moteur sur le salon Hyvolution, du 28 au 30 janvier derniers à Paris. Ses fondateurs ont lancé une levée de fonds de 2 millions d’euros afin de pouvoir industrialiser ce kit à partir de 2026.

Créée en 2022, la PME auxerroise RH2 a mis au point un kit de rétrofit de moteur à combustion carburant au gasoil en moteur alimenté à l’hydrogène. Destiné aux poids lourds (autocars, camions, engins de TP), ce kit inclut le rétrofit du moteur et l’installation de réservoirs appropriés. Les fondateurs de l’entreprise annoncent avoir expérimenté leur procédé sur trois blocs.

Injection directe. La technologie utilisée exploite les brevets internationaux de DMA Tech SARL, société basée au Luxembourg, et se caractérise par l’injection directe d’hydrogène et d’eau dans la chambre de combustion. La culasse d’origine est conservée, mais modifiée. Des bougies d’allumage et des injecteurs spécifiques à 30 bar sont placés sur une rampe commune.

Résolution du problème du rapport puissance/poids. Convertir un moteur à combustible fossile vers l’hydrogène implique généralement une dégradation du rapport puissance/poids. Ceci est dû à la taille des molécules d’hydrogène, combinée aux contraintes de pollution (principalement les NOx). « RH2 a résolu le problème l’entretoise mécatronique, la pièce qui est ajoutée permet une combustion propre, sans perte de puissance par rapport au moteur d’origine, rassure Jacques Bouvy, directeur technique de l’entreprise. Le moteur rétrofité génère une puissance similaire, voire dans certains cas supérieure à celle des moteurs gasoil de même capacité, et sans pollution ». Selon RH2, un véhicule peut être transformé en deux semaines.

Passer à la phase industrielle. « Nous avons démontré le procédé sur un moteur Iveco FPT Tector Euro 6 de 6,7 l, et sur un Caterpillar C4.4, poursuit Jacques Bouvy. Nous recherchons désormais des investisseurs pour nous accompagner dans l’industrialisation du procédé. Des institutions publiques comme la BPI et la région Bourgogne-Franche-Comté ont déjà contribué au financement de l’entreprise ».

Recherche de fonds pour se développer. « Si nous voulons décliner le procédé sur un nouveau moteur, l’étude de faisabilité prend un an et coûte un million d’euros, estime Jacques Bouvy. À l’issue de cette année de travail, le moteur peut être fonctionnel. Nous ne modifions pas énormément de pièces. Nous ne touchons ni à la boite de vitesse, ni aux entrées d’air ».

Potentiel considérable. RH 2 a fait ses comptes : en Europe, environ 6,5 millions de véhicules lourds de plus de 14 ans carburant au gasoil sont encore en circulation. Un potentiel que compte exploiter la PME. « L’économie circulaire devient une obligation, conclut Jacques Bouvy. Ces moteurs à combustion interne peuvent durer un million de km, et nous pouvons leur donner une seconde vie en réduisant les émissions de CO2. Avec notre système, on dépollue un camion pour 150 000 € ».

 


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