Rétromobile : focus sur le camion à vapeur Purrey de 1909

La Fondation Berliet présente à Rétromobile 2025, du 5 au 9 février 2025, une pièce très rare, un camion à vapeur Purrey de 1909. Un camion qui était déjà presque écolo.

Après avoir créé à Barcelone (Espagne), en 1886, sa première automotrice à vapeur sur rails qui assure un service régulier dans cette ville, Valentin Purrey (1861–1928), né à Layrac (Lot-et-Garonne), regagne sa région natale en 1890 et construit à Bordeaux-Bègles une usine qui, quelques années plus tard, s’étendra sur 10 ha et emploiera 450 personnes.

Premier prototype de camion en 1898. Tout en poursuivant avec succès la fabrication d’automotrices qui équipent de nombreux réseaux urbains en France et à l’étranger, cet ingénieur autodidacte aborde l’automobile en 1898. Il présente le prototype d’un camion à vapeur de 5 t de charge utile, doté :

  • d’un moteur à 2 cylindres à double effet 120 x 120 de 2,7 l de cylindrée,
  • d’un générateur « absolument inexplosible »,
  • d’une bâche de 600 l d’eau,
  • de roues en bois cerclées de bandages métalliques.

Ce prototype atteint une vitesse de 15 km/h. et peut grimper des pentes de 12 %.

Le camion Purrey affichait une charge utile de 5 t.
Crédit photo : Nicolas Grumel

Consommation de charbon. Sa consommation est de 5,7 kg de coke et de 20 l d’eau par km, ce qui peut paraître exorbitant maintenant ! En 1901, les Raffineries Say, qui veulent remplacer leur cheptel de 400 chevaux, commandent 34 camions Purrey : 16 camions de 10 t. et 18 de 5 t. C’est le premier parc de véhicules industriels routiers motorisés au monde !

Le camion Purrey avait une lointaine ressemblance avec une automotrice. Logique, étant donné l’activité de son créateur.
Crédit photo : Nicolas Grumel

Traction à vapeur. En ce début de 20e siècle où trois modes de propulsion s’affrontent, la vapeur, l’électricité et l’essence de pétrole, la traction à vapeur offre plusieurs avantages : simplicité, robustesse et fiabilité en raison de l’absence d’organes fragiles et source de problèmes (carburateur, embrayage…), efficacité du freinage due à la simple inversion de la vapeur, économie de fonctionnement grâce au faible coût du charbon.

On entrait dans le poste de pilotage un peu comme dans celui d’une locomotive à vapeur.
Crédit photo : Nicolas Grumel

Exploitation complexe. Mais elle a aussi ses faiblesses : le poids et l’encombrement de la chaudière et des approvisionnements en charbon et eau, les délais (30 mm) de la mise en pression du générateur au démarrage et du nettoyage de la chaudière en fin de journée, les contraintes quotidiennes d’entretien, notamment les fréquentes opérations de graissage.

Les roues en bois du camion à vapeur Purrey étaient cerclées d’un bandage métallique.
Crédit photo : Nicolas Grumel

A toute vapeur… Des difficultés financières survenant en 1910, Purrey est repris par Exshaw qui commercialise alors les matériels sous la marque Exshaw-Purrey, puis Exshaw tandis que Valentin Purrey est évincé en 1913. La traction à vapeur disparaît progressivement en face des progrès du moteur à combustion interne. La production de l’usine cesse en 1929.

Etonnante allure que celle du camion à vapeur Purrey, exposée à Rétromobile jusqu’au 9 février.
Crédit photo : Nicolas Grumel

Le salon Rétromobile est encore ouvert jusqu’au 9 février, au Parc expos de la porte de Versailles à Paris. Courez-y, à toute vapeur !