Salaire des conducteurs routiers : en route vers une hausse de 1,4 %

Lors de la réunion du 2 décembre de négociations obligatoires entre représentants des transporteurs routiers et de leurs salariés, une hausse de seulement 1 % sur toutes les grilles de salaires 2026 de la branche Marchandises a été envisagée. Les syndicats espèrent un peu plus lors de la dernière réunion, le 16 décembre.

Le 2 décembre s’est tenue l’avant-dernière séance de négociations annuelles obligatoires (NAO) sur les salaires 2026 dans le secteur du transport routier de marchandises (TRM). Les employeurs proposent une augmentation de 1 %, ce qui est déjà mieux que le 0 % de hausse en début d’année, mais c’est encore trop peu pour les syndicats de salariés. Le rendez-vous conclusif est fixé au 16 décembre 2025. Ce dernier round de négociations pourrait déboucher sur un accord autour de 1,4 % de hausse pour tous les salaires conventionnels, quelque soit l’ancienneté et les échelons ou grades.

Equation délicate

Comment faire face à la hausse du coût de la vie pour les salariés sans mettre en péril les entreprises du secteur, dans un contexte économique et politique complexe ? Les transporteurs routiers margent en moyenne à 1,2 %, les affaires semblent reprendre timidement en fin d’année mais 2025 a globalement été à la baisse. Mais en même temps, ce fut une année sans augmentation des salaires conventionnels. C’est cette équation que les organisations syndicales représentatives des salariés (CFDT, CGT, FO, CFTC et CGC) et celles des employeurs (OTRE, FNTR et Union TLF) tentent de résoudre lors de ces NAO.

Contexte instable

« Nous évoluons dans un contexte politique et économique instable, déplore Laure Dubois, secrétaire générale adjointe de l’OTRE. Les transporteurs sont par ailleurs en phase de négocations avec les donneurs d’ordre. Les industriels serrent les boulons, les demandes de hausses tarifaires ne passent pas ».

Lors du dernier round des NAO 2025, les organisations patronales ont refusé toute augmentation. 2025 a donc été une année blanche. Pour 2026, une augmentation globale pourrait être programmée en janvier, mais la route est encore glissante.

Employeurs sans mandat…

En septembre, lorsqu’ont débuté les négociations, les syndicats de salariés ont proposé une augmentation unilatérale des salaires de la branche à 3,5 % minimum, couvrant deux années d’inflation. Ils demandent également la création d’un treizième mois conventionnel. Mais à ce moment-là, les fédérations patronales affirment ne pas avoir de mandat de leurs adhérents pour négocier. Elles écoutent simplement les revendications. Pourtant les employeurs sont conscients qu’une deuxième année blanche risque de provoquer des remous chez les salariés. « On ne peut pas les entendre se plaindre que nos professions ne soient pas attractives, avoir des difficultés à embaucher, sans augmenter les salaires », explique un négociateur sous couvert d’anonymat. Employeurs comme salariés sont toutefois d’accord sur l’importance d’éviter une deuxième année blanche consécutive.

Octobre : proposition à 0,8 %

Le 23 octobre, deuxième round, les employeurs viennent avec une proposition d’augmentation unilatérale de 0,8 %. Nouvelle déception chez les représentants des salariés : « FO demandait 3,5 %, rappelle Stanislas Baugé, secrétaire fédéral en charge du TRM et négociateur FO. Cette demande prend en compte le contexte économique et l’année blanche. Le dernier accord de NAO date de 2023 ». En fin de réunion, les employeurs sous pression s’engagent à revenir le 2 décembre avec un mandat amélioré, après consultation de leurs adhérents.

1 % de hausse le 2 décembre

Le 2 décembre lors de la troisième réunion, l’ensemble des organisations patronales propose une augmentation linéaire de 1 % à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, et des propositions annexes comme la modification des grilles avec un échelon supplémentaire à partir de quinze ans d’ancienneté.

Pour les frais de déplacement, qui ont augmenté de 1,5 % en février 2025, les employeurs proposent une augmentation de 1 % avec un mandat qui ne serait pas évolutif. En clair, l’accord est ouvert à signature jusqu’au 12 décembre, avec arrêt des négociations à cette date.

Verdict le 16 décembre

Une réunion conclusive est prévue le 16 décembre. Durant ces deux semaines, les représentants des employeurs vont consulter à nouveau leurs adhérents. Les représentants des salariés espèrent que l’augmentation finale, sur l’ensemble des grilles de salaires, atteigne 1,4 %, et ce dès janvier 2026. Ce qui correspond tout juste à la revalorisation du Smic au 1er janvier 2026, préconisée par des experts mais non encore ratifiée par le gouvernement.

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