« Les routiers sont sympas » c’est toujours d’actualité ! Les Français ont effectivement majoritairement une bonne image des routiers. C’est en tout cas ce qui ressort d’un sondage récent d’OpinionWay, commandé par la Fédération française de la carrosserie (FFC), avant la tenue du salon Solutrans, du 18 au 22 novembre à Lyon Eurexpo. Ils sont 6 sur 10 à émettre spontanément une opinion positive sur les camions. Cette bonne image est plus importante dans les catégories populaires (69 %) qu’auprès des plus aisées (58 %).
Bienveillance chez les jeunes
De façon plus surprenante, alors les plus jeunes sont souvent plus critiques vis-à-vis de la mobilité carbonée, les 18-24 ans se montrent particulière bienveillants avec 76 % d’opinion positive. Dans tous les cas, près de la moitié des 1 058 personnes interrogées considère que les camions représentent un outil indispensable à l’économie et un maillon essentiel de la chaîne d’approvisionnement.
Un transit routier du quotidien
Presque toutes les personnes interrogées (94 %) ont conscience qu’une grande partie des produits du quotidien transitent via la route. C’est d’autant plus vrai dans les territoires ruraux, où 85 % des habitants estiment qu’on ne pourrait pas se passer du transport routier. Une reconnaissance qui confirme le rôle du camion dans l’équilibre territorial et la desserte fine des zones les moins denses.
Crédit photo : Solutrans
Idées reçues sur la pollution
Image positive, légitimité économique, mais des considérations techniques et environnementales embrouillées : près de 78 % des Français imaginent à tort que la plupart des camions circulant sur le territoire sont en transit international. Ils sont également 42 % à considérer que les camions sont majoritairement responsables de la pollution atmosphérique. Cette perception est en total décalage avec les données réelles, puisque selon l’Ademe, les poids lourds ne représentent qu’environ 7 % des émissions nationales de CO₂.
Progrès méconnus
L’échantillon de personnes interrogées ne soupçonne pas non plus les progrès du secteur sur sa décarbonation, avec l’émergence des motorisations au biogaz, à l’électrique ou à l’hydrogène. Signe du déficit d’information sur le sujet, seuls 34 % des sondés se disent au courant des énergies alternatives exploitées dans le secteur. Preuve que le secteur peine encore à rendre visibles les investissements en recherche et développement, les formations à l’écoconduite ou les dispositifs d’aide publique au verdissement des flottes.
Aides publiques plébiscitées
D’ailleurs, toujours sur ce volet environnemental, ils sont 79 % à appeler l’État à soutenir financièrement la transition énergétique du secteur. Ils plébiscitent même à hauteur de 77 % la création de voies réservées sur autoroutes pour les camions circulant à zéro émission. Enfin, 78 % accepteraient des livraisons plus lentes pour réduire l’impact environnemental.
Crédit photo : FFC
Réconcilier image et réalité
Côté social, 78 % des sondés jugent le métier de chauffeur peu reconnu, même s’ils sont plus de 8 sur 10 à avoir la perception que la profession recrute. Ils sont presqu’autant à constater qu’elle s’ouvre davantage aux femmes. Au final, cette enquête montre que pour l’opinion publique française, le camion reste un maillon essentiel de la logistique nationale, mais que la filière doit mieux faire connaître ses avancées technologiques et environnementales.
Fort de ce constat, pour la FFC, l’enjeu du salon lyonnais Solutrans sera donc de renforcer la visibilité de ces mutations pour montrer qu’un transport plus vert, plus connecté et plus attractif n’est pas qu’un projet, mais une réalité déjà en marche.

