La stabilité du marché français des véhicules industriels de plus de 5,1 t, dont les immatriculations ont progressé de seulement 0,3 % en 2024, dissimule une réalité moins équilibrée si l’on observe la manière dont les différents constructeurs ont évolué sur la période.
4 marques en progression
En clair, quatre marques seulement ont progressé en immatriculant plus de véhicules que l’année précédente, avec une croissance plus rapide que celle du marché total, améliorant donc aussi leur part de marché (PDM). Ces quatre gagnants sont :
- Renault, qui progresse de presque trois points de pénétration et voit sa PDM approcher des 30 %. Un gain entièrement dû à ses tracteurs, alors que ses immatriculations de porteurs ont légèrement reculé.
- Scania, qui gagne plus d’un point en pénétration et détrône Mercedes à la 4e place. Là aussi, ces sont des ventes records de tracteurs qui sont à l’origine de ce bon résultat.
- Iveco, qui ne gagne que 0,1 % de pénétration mais fait mieux que la plupart de ses concurrents et monte de la 7e à la 6e place, au détriment de MAN. À l’inverse des deux précédents, ce sont ses ventes de porteurs qui ont sauvé Iveco, très affaibli en tracteurs.
- Isuzu enfin, qui progresse de presque 52 % mais qui opère sur un segment de marché limité avec des volumes très modestes favorisant les variations de grande amplitude.
Crédit photo : Fabien Calvet
Et 4 perdants
Quant aux perdants, ils sont emmenés par Mercedes et MAN qui reculent respectivement de 11,4 % et 11 % par rapport à 2023. Dans les deux cas, ce sont les ventes de tracteurs qui ont précipité leur chute. Viennent ensuite Volvo et Daf, en baisse de 2,6 % et 1,9 % respectivement. Le premier a surtout souffert en tracteurs et le second en porteurs.
L’énigme Ford Trucks
Reste le cas de Ford, qui n’apparaît toujours pas sous sa marque dans les statistiques du CCFA et qui reste noyé dans la masse des divers. Il est toutefois possible de retrouver la trace des camions Ford dans les données fournies par AAA Data qui font apparaître 379 véhicules immatriculés sur l’année 2024, presque exclusivement des tracteurs. Un résultat en forte baisse par rapport à 2023 où 763 camions Ford avaient été recensés dans les immatriculations françaises.
Crédit photo : FranceRoutes – source : CCFA
Les grues chutent
La catégorie des divers est par ailleurs constituée pour une large part de grues automotrices. Liebherr est le principal compétiteur avec 81 machines immatriculées l’an dernier, en baisse de près de 38 % par rapport à 2023, année forte il est vrai. On peut aussi noter que, sur une base de tonnage différente (plus de 3,5 t), 667 camions électriques ont été immatriculés en France en 2024, contre 510 en 2023. Enfin, précisons qu’en 2024, le marché des porteurs a été plus dynamique que celui des tracteurs avec une hausse de 15 % pour les premiers (totalisant 23 473 unités), contre une baisse de 10,3 % pour les seconds (totalisant 25 510 unités).
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