La Chambre Syndicale Internationale de l’Automobile et du Motocycle (CSIAM) a dévoilé le 28 janvier son bilan annuel du marché des véhicules industriels (VI). Avec ses onze adhérents, la CSIAM comptabilise 70 % des immatriculations de cette catégorie (poids-lourds, bus et autocars).
Robustesse. « Malgré un contexte global marqué par l’incertitude, le marché des VI en France continue de démontrer sa robustesse en 2024 », constate Athina Argyriou, présidente déléguée de la CSIAM. Si l’on se concentre sur le segment des poids lourds de 7,5 t et plus, avec 47 201 immatriculations, le marché affiche un niveau élevé, reflétant une dynamique soutenue par les fortes commandes de 2023 et du début de 2024.

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Fléchissement. Les importateurs restent optimistes en dépit d’indicateurs qui fléchissent. Le marché s’est stabilisé à un niveau très haut en volume après douze mois records en 2023 (47 329 immatriculations). Les livraisons des commandes 2023 se sont poursuivies jusqu’à mi-2024 mais ensuite, ils ont enregistré un second semestre faible en entrées de commandes, ce qui augure d’une baisse des immatriculations en 2025.
Les porteurs font mieux que les tracteurs. Les porteurs ont connu des immatriculations très fortes en 2024 (+14,9 % par rapport à 2023, à 21 689 immatriculations). On le doit aux délais de carrossage, suite au volume très élevé de commandes durant l’exercice précédent. La moindre performance des tracteurs routiers (25 512 immatriculations en 2024, -10,3 % par rapport à 2023) reflète l’état des carnets de commande sur la deuxième partie de l’année 2024. Cela confirme une baisse des immatriculations de camions en France en 2025. « L’effet covid, c’est terminé, annonce Benoît Tanguy, président de la branche VI de la CSIAM et PDG de Scania France. On revient à un niveau de ventes d’avant 2019. Nos clients sont dans l’attente des orientations prises par le gouvernement qui influeront sur les activités de transport, mais aussi des taux de financement ».

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Délais de livraison en baisse. Effet bénéfique de ce retour à la normale pour les clients, les délais de livraison redeviennent raisonnables. Les importateurs les estiment en moyenne à 90 jours pour les tracteurs et 210 jours pour les porteurs, tenant compte du carrossage.
Carburants plus propres. Les énergies alternatives au gasoil représentent désormais 10,3 % du mix énergétique, dominées par le biocarburant B100, le gaz et une croissance de l’électricité à confirmer. « En 2024, le secteur des véhicules industriels a franchi un cap décisif dans sa transformation énergétique, souligne Athina Argyriou. L’évolution du mix énergétique traduit une vraie volonté de décarboner de la part des transporteurs ».

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Dans le détail, cette progression est effectivement réelle, mais encore à la marge : le B100 exclusif grimpe à 5,8 % de parts de marché (PDM), et l’électrique à 1,4 %, tandis que le gaz stagne à 3,1 %. Mais il est vrai que le gasoil est descendu de 94 % de PDM en 2022 à 89,7 % en 2024.
« Dans l’hypothèse où le ralentissement des prises de commandes observé en fin d’année entraînerait une légère contraction du marché des poids lourds, la dynamique d’électrification devrait se renforcer, estime Athina Argyriou. L’engagement des entreprises et des collectivités, couplé à des dispositifs d’aides plus simples et accessibles, jouera un rôle clé pour accompagner la trajectoire de décarbonation du secteur, en ligne avec les objectifs ambitieux de 2030 ».
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