Dans l’usine de Steyr Automotive en Autriche, on assemble pour les marchés européens les camions électriques chinois produits par Sinotruk et ceux de SuperPanther. Une stratégie de pénétration qui permet à ces deux constructeurs de justifier d’une implantation dans l’Union.
Les deux industriels du camion chinois Sinotruk et SuperPanther profitent du salon IAA 2026 pour mettre en valeur leurs véhicules électriques. Sans crier sur les toits qu’ils avaient un point commun : les tracteurs routiers destinés aux marchés européens sont assemblés chez Steyr Automotive, en Autriche, là où la production en série du Volta Truck était planifiée.
Sinotruk, la longue marche en avant
Commençons par le plus ancien : Sinotruk aurait produit environ 2 millions de poids lourds en Chine depuis les années 1960. Coté en bourse depuis 2007, l’industriel s’est lancé dans l’électrique il y a plus de cinq ans, cette source d’énergie représentant désormais 45 % de ses ventes. Il ambitionne désormais de se développer sur le marché européen, en faisant assembler ses camions de marque Sitrak chez Steyr. Deux tracteurs électriques sont pour l’instant disponibles, un 4×2 classique annoncé à 500 km d’autonomie et rechargeable en 30 mn, et un 6×2 de 94 t annoncé à 400 km.

Le savoir-faire présenté par Sinotruk, c’est l’architecture des blocs batteries, qui sont fabriquées maison. Les blocs sont disposés sous le châssis et prennent place entre les longerons, ce qui libère de la place au-dessus. On annonce aussi une finition aux critères européens pour l’habitacle et le confort conducteur.

SuperPanther en mode start-up
SuperPanther s’avance plus en mode start-up avec son eTopas 600 électrique, lui aussi assemblé en Autriche. Il présente, actuellement sur l’IAA en Allemagne, deux finitions de ce tracteur routier 6×2 à essieu eAxle doté de la motorisation électrique : l’un en blanc sobre avec une prise CCS2+ d’un côté et une MCS de l’autre, annonçant des temps de recharge des batteries CATL proches de la demi-heure et une autonomie d’environ 600 km, que l’on a hâte de mettre à l’épreuve lors d’un essai !

Le véhicule star du stand est un eTopas 600 lui aussi, mais quelque peu préparé à l’européenne, avec une belle peinture rouge et une ligne complète d’équipements sur carrosserie alu. Celui-ci dispose de deux prises CCS2+ ce qui peut être pratique par rapport à l’emplacement des bornes dans les rares stations publiques existantes. Elles sont disponibles en double gun pour accélérer la recharge (puissance de 600 kW). Pneus Michelin, sellette Jost, freinage Wabco, la finition est là encore européenne.

Dernier détail, le eTopas 600 devrait bientôt participer à un test avec EDF sur le principe du vehicle to grid, oui, le camion qui stocke de l’électricité et la reverse au réseau, permettant de menues économies à son propriétaire. Le camion est disponible dès maintenant sur le marché français.