Le camion chinois SuperPanther accélère son déploiement européen

Le tracteur routier électrique SuperPhanter eTopas en ravitaillement dans une station du réseau Milence. Photo : Milence.

Après avoir lancé la production en série fin juillet de son tracteur électrique eTopas 600 chez Steyr Automotive en Autriche, le constructeur chinois SuperPanther entre dans une nouvelle phase de son développement européen.

Le projet chinois de tracteur routier électrique SuperPanther change de dimension en Europe. Le 27 juillet 2026, le premier eTopas 600 de série est sorti de la chaîne de Steyr Automotive, en Autriche. Le constructeur chinois s’appuie sur un assemblage en semi-knocked down (SKD), avec des véhicules partiellement assemblés en Chine puis finalisés en Europe. Ce dispositif limite notamment son exposition aux droits de douane appliqués aux véhicules électriques complets importés de Chine et permet d’inscrire une partie de la production dans l’écosystème industriel européen, avec de possibles bonus à clé. « L’Europe n’a pas besoin d’un autre camion importé », a déclaré son dirigeant Chao Liu au quotidien allemand Die Welt, en expliquant vouloir se positionner comme un partenaire industriel plutôt que comme un simple importateur chinois.

Caractéristiques techniques

Le tracteur 4×2, homologué pour 42 t, reçoit une chaîne de traction développée en interne, avec un essieu électrique à deux moteurs et deux rapports. Celui-ci délivre environ 400 kW en continu et jusqu’à 692 kW en crête, soit 941 ch, avec plus de 40 000 Nm aux roues. Mais le véhicule intègre également des composants de plusieurs équipementiers européens, dont ZF, Schaeffler, Aumovio, Infineon, Michelin, Continental, Goodyear et Castrol et s’appuie sur le réseau Alltrucks pour le SAV. Les premières livraisons ont suivi, notamment auprès de DHL (partenaire depuis 2024), des transporteurs Gress (Allemagne) et Temmel (Autriche), et de son partenaire commercial et de service en Pologne et en République tchèque, Temmel. Des tests sont également menés en Espagne par le transporteur Transbernal Logística Catalana.

Batterie CATL

Côté batteries, le constructeur ne s’est en revanche pas hasardé sur des produits européens : le eTopas 600 embarque une bonne vieille CATL de 621 kWh à technologie LFP, ce qui est sans doute ce qui se fait de mieux dans le monde actuellement. SuperPanther annonce environ 600 km d’autonomie et une consommation moyenne proche de 0,95 kWh/km sur les quelque 70 000 km parcourus depuis mars par ses véhicules d’essai en Allemagne et en Autriche. La recharge de 20 à 80 % nécessite moins de 38 minutes avec deux prises CCS2 utilisées simultanément. La puissance de recharge maximale annoncée atteint environ 660 kW.

Jusqu’à 200 livraisons européennes

Le constructeur table sur 100 à 200 livraisons européennes en 2026 avec un démarrage en septembre. La France ne figure pas encore parmi les marchés de lancement annoncés. Le constructeur dispose toutefois depuis juin de la réception européenne WVTA, qui autorise la commercialisation du eTopas 600 dans les 27 États membres. Et nous avons appris durant l’été que Christophe Bastenaire, qui avait déjà tenté l’aventure Windrose en 2025 en tant que directeur commercial avant de la quitter, était désormais chargé du développement des ventes France de SuperPanther.

Exposant à l’IAA Transportation

La stratégie de développement pourrait être précisée lors du salon IAA Transportation (du 15 au 20 septembre à Hanovre en Allemagne), où SuperPanther annonce de nouvelles technologies de propulsion ainsi que des solutions intégrées de recharge et d’énergie. En effet, au-delà de son propre tracteur, SuperPanther cherche à commercialiser une plateforme technologique. L’entreprise développe en interne l’essieu électrique, la gestion thermique, les contrôleurs haute et basse tension ainsi qu’une couche logicielle. Elle revendique plus de 2 000 points de collecte de données par véhicule et des fonctions d’évolution logicielle à distance. Le système thermique intègre notamment une pompe à chaleur basse température annoncée comme opérationnelle jusqu’à -30 °C. Le constructeur vise ainsi 16 000 véhicules utilisant ses propres véhicules, ou ses technologies de chaîne de traction, en Europe d’ici 2030.

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