SuperPanther est une marque de camion chinoise qui, dans le but de conquérir le marché européen, s’appuie sur une production en Autriche et un réseau de services régional. Pour convaincre les transporteurs français, elle pourrait même être éligible aux aides Certificats d’économie d’énergie (CEE).
Fin mai, un arrêté entérinait le doublement de la prime CEE destinée à l’acquisition d’un camion électrique. Et, dans le même temps, la préférence à la production européenne dans le but d’empêcher l’essor des camions chinois, réputés pour être moins chers que leurs équivalents européens. Mais cela n’empêche pas plusieurs constructeurs de ce grand pays d’Extrême-Orient qui avance à pas de géant de se montrer gourmands. Ils disposent d’armes bien affutées pour y parvenir, à commencer par une implantation industrielle sur le Vieux continent. Après Windrose qui a promis une usine non loin de Valenciennes, le néo-constructeur Panther veut ainsi s’appuyer sur une production autrichienne et un réseau de services régional qui lui permettrait d’être adoubé par les transporteurs européens, mais aussi d’accéder aux nouvelles aides françaises CEE réservées aux véhicules produits dans l’Espace économique européen.
Constructeur sans passé
SuperPanther accélère donc son implantation en Europe. La jeune marque créée en 2022, encore peu connue sur le Vieux continent, multiplie les partenariats industriels et techniques afin de préparer l’arrivée de ses tracteurs électriques sur le marché européen à partir de 2026. Pour y parvenir, le constructeur compte s’insérer dans le tissu local, comme en témoigne l’accord conclu le 13 mai dernier avec le groupe polonais Lontex pour assurer la distribution de ses véhicules en Pologne et en République tchèque. Le dispositif confié à Lontex dépasse le rôle de distributeur classique, avec une intégration des fonctions de maintenance opérationnelle, de diagnostic et de services connectés pour flottes.
Un camion au nom de pierre précieuse
SuperPanther compte concurrencer les cadors européens avec son eTopas 600, un tracteur routier 4×2 homologué pour 42 tonnes, dont la production en série n’a toutefois pas encore démarré. Il est équipé d’une batterie LFP de 621 kWh fournie par CATL, avec une autonomie annoncée d’environ 500 km. L’architecture repose sur une plateforme haute tension de 876 volts et un essieu électrique intégrant une puissance de 394 kW en continu (692 kW en crête). Le système de recharge CCS2 double connecteur permet une puissance cumulée allant jusqu’à 660 kW, autorisant un passage de 20 à 80 % en moins de 38 minutes. Un accord, conclu avec DHL en 2024, doit permettre de tester ce véhicule.
Aides bonifiées
Sur le plan industriel, SuperPanther s’appuie sur un montage en semi-knocked down avec assemblage en Europe via Steyr Automotive en Autriche, le même site dans lequel devait être assemblé le camion électrique Volta Zero, permettant de limiter l’exposition aux droits de douane sur les véhicules complets importés de Chine. Ce type de véhicule pourrait même recevoir des aides bonifiées en France puisque les superbonus s’adressent en théorie aux véhicules « assemblés en Europe », à condition également d’avoir l’aval de l’Ademe.
Le schéma industriel intègre plusieurs équipementiers européens, dont ZF pour les systèmes d’aide à la conduite, ainsi que Schaeffler et Continental pour différents composants techniques. En parallèle, SuperPanther développe des solutions de recharge en partenariat avec Elmi Power, orientées vers des systèmes de stockage par batteries destinés aux dépôts logistiques. Comme souvent avec les constructeurs chinois, SuperPanther ne disposera pas de son propre réseau et comptera sur les 700 ateliers d’Alltrucks pour l’entretien et la réparation multimarque à l’échelle continentale.
Une première production autrichienne en petite série est attendue cette année, avec un objectif de 100 à 200 véhicules livrés, avant de viser 16 000 véhicules d’ici 2030.