Début avril, le patron du nouveau constructeur Windrose, un projet de camion électrique à conduite centrale pour l’instant à l’état de prototype, a publié une feuille de route industrielle ambitieuse. Quand l’usine qui devrait être bâtie dans le Nord de la France verra-t-elle le jour ? Tout est programmé, comme avec d’autres projets portant le nom de Volta Trucks ou Nikola…
Passer de zéro à 5 % du marché mondial du poids lourd d’ici quatre ans. C’est la feuille de route ambitieuse dévoilée par Wen Han, le 6 avril. Le charismatique PDG de Windrose ne se contente pas de fixer des objectifs de vente ; il segmente l’évolution technologique du transport électrique en quatre générations distinctes, avec un horizon clair : franchir la barre symbolique des 1 000 km d’autonomie d’ici 2030. Le modèle actuel, le R700, souvent perçu comme un clone du Tesla Semi, affiche déjà des caractéristiques solides : une autonomie de 670 km grâce à un pack de batteries lithium-fer (LFP) de 705 kWh fourni par le géant chinois CALB, pour un prix très attractif de 250 000 euros.
Paré pour la conduite autonome
Mais Windrose voit déjà plus loin. D’ici deux ans, l’intégration d’une chimie phosphate de lithium-manganèse-fer (LMFP) devrait porter l’autonomie à 800 km, avant d’atteindre l’objectif ultime de 1 000 km en 2030 (génération 4). Parallèlement, le constructeur intègre le Steering by wire (direction par fil en français). Cette technologie, qui supprime tout lien mécanique entre le volant et les roues, permet non seulement une épuration du cockpit central mais constitue surtout le socle indispensable à la conduite autonome, un domaine qui n’est pas étranger à Wen Han, ancien stratège de Plus.ai spécialisée dans la conduite autonome.
Permis de construire signé à Onnaing (Nord)
Le constructeur vise jusqu’à 2 000 unités produites en 2026, puis au moins 10 000 en 2027, avec une production répartie entre la Chine, les États-Unis et l’Europe, où une usine doit sortir de terre l’an prochain à Onnaing près de Valenciennes. Le permis de construire y a été signé fin février selon la mairie. Cette usine de montage de près de 100 000 m² évitera de payer les surtaxes imposées aux camions chinois. Un choix audacieux pour une entreprise qui ne compte que 150 personnes à l’heure actuelle et qui n’est pas sans poser certaines interrogations.
Essai avec Sunswap au Chili
Pour éviter d’apparaître comme un constructeur Powerpoint avec quelques prototypes – le secteur ayant été échaudé par Nikola ou Volta Trucks – Windrose multiplie les démonstrations. Après Ceva Logistics, qui a validé un essai du tracteur routier en Espagne en 2025, le constructeur s’est associé au spécialiste des groupes frigorifiques anglais Sunswap pour prouver que son camion est capable de parcourir plus de 600 km en une seule charge sur les routes chiliennes pour le compte de Walmart.
Dans un environnement marqué par des dénivelés importants et des conditions climatiques changeantes, un R700 a parcouru un trajet entre Santiago, La Serena et Concepción avec un ensemble entièrement électrique (camion plus remorque et groupe frigo), une première au Chili.
La start-up a mené d’autres essais en Australie, en Chine mais aussi en Europe, avec Kuehne + Nagel.
Windrose affirme avoir sécurisé plus de cent commandes fermes pour les six prochains mois, dont vingt pour le marché américain où les livraisons ont débuté le 1er avril 2026. L’entreprise structure également son après-vente avec Alliance Automotive Group en France.