Une organisation de transporteurs regrette des aides « excluantes » sur le gazole

Station-service multi-carburants pour camions. Photo : Nicolas Grumel

L’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) exprime « ses vifs regrets » quant aux conditions d’éligibilité aux aides sur le gazole, suite à la publication du décret du 17 avril par le gouvernement. Elle juge le dispositif d’attribution à la fois arbitraire et discriminant.

Alors que le gouvernement a publié le décret d’application sur l’attribution des aides à l’achat de gazole par les professionnels du transport routier, le 17 avril, la première réaction des organisations de transporteurs a été celle de l’OTRE. Celle-ci regrette que « le dispositif mis en place n’est pas une réelle réduction directe de 20 centimes par litre sur l’achat du gazole, mais une aide forfaitaire unique, de 70 € à 500 € par véhicule ».

Exclusion d’un grand nombre d’entreprises

L’OTRE constate que « les critères d’éligibilité aux aides vont exclure de manière injustifiée un grand nombre d’entreprises du dispositif, notamment celles ayant recours à l’emprunt bancaire pour financer leur matériel roulant ainsi que celles dirigées par des travailleurs non-salariés (TNS) ». Elle avait pourtant alerté à plusieurs reprises le gouvernement sur les conséquences d’un tel choix : « en maintenant ces critères, l’exécutif prend la responsabilité d’instaurer une distorsion de concurrence manifeste au sein du secteur et d’alimenter de très fortes tensions parmi les professionnels ».

Plusieurs points positifs

L’OTRE prend toutefois acte de la revalorisation de l’aide aux autocars, portée de 130 € à 250 €, et tient à souligner « la prise en compte par le gouvernement de nombreuses propositions que nous avons portées ces derniers jours ». Elle cite la simplification de l’accès aux aides jusqu’à 5 000 €, le relèvement du plafond à 60 000 € par SIREN contre 30 000 € initialement et le caractère reconductible du dispositif en cas de nouvelle dégradation de la situation.

Cependant, face à la situation, l’OTRE appelle les pouvoirs publics « à revoir sans délai les modalités d’accès aux aides afin de garantir un traitement équitable de l’ensemble des acteurs ».

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