L’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) alerte sur une situation qui devient insoutenable pour leurs adhérents, en majorité des PME. Elle en appelle aux donneurs d’ordre pour qu’ils consentent à une hausse du coût du transport de marchandises.
Alors que le 3 septembre, le gouvernement sonnait la fin des aides directes aux transporteurs routiers français en lien avec l’inflation des carburants, l’OTRE tire, le 10 septembre, le signal d’alarme : « Depuis le début de la crise au Moyen-Orient, les prix des carburants connaissent de fortes hausses et des fluctuations particulièrement importantes, explique-t-elle dans un communiqué. Après plusieurs phases successives de progression et de repli, le prix du gazole atteint de nouveau des niveaux historiquement élevés. L’indice CNR gazole professionnel est passé de 187,66 en janvier 2026 à 265,80 en août 2026. Cette instabilité, conjuguée au maintien durable de prix très hauts, alourdit considérablement les coûts d’exploitation des entreprises de transport routier et fragilise dangereusement, depuis plusieurs mois, leur trésorerie et leur résultat ».
Des prix historiquement bas
Cette situation intervient alors même que les prix de transport demeurent à des niveaux historiquement bas et que la pression exercée par les donneurs d’ordre privés ou publics reste très forte. Le rapport de force dans les négociations commerciales demeure déséquilibré, au détriment des nombreuses TPE et PME qui composent le secteur. « Dans ce contexte, les donneurs d’ordre doivent prendre la mesure de l’urgence : les prix de transport doivent être revalorisés et le mécanisme légal d’indexation carburant doit être appliqué de manière juste, systématique et intégrale », demande l’OTRE.
L’indexation des prix du carburant est trop complexe
Depuis plusieurs années, l’OTRE dénonce des conditions d’application du dispositif d’indexation du carburant trop complexes et insuffisamment contraignantes. Celui-ci place encore trop souvent les transporteurs en position de faiblesse face à leurs donneurs d’ordre. C’est précisément pour répondre à ces difficultés que le ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot, a ouvert, le 9 juillet dernier, des travaux visant à simplifier et à renforcer ce mécanisme, mais également à lutter contre les prix abusivement bas. « À ce jour, ces travaux n’ont toujours pas abouti. Face à l’urgence économique, ils doivent désormais être conclus sans délai », exige l’OTRE. L’organisation demande également que les aides promises aux transporteurs soient réellement versées, ce qui n’est pas encore le cas pour l’ensemble des entreprise.
Enfin, l’OTRE s’adresse aux donneurs d’ordre du TRM, et leur demande « de prendre pleinement conscience de la situation dramatique du transport routier et d’agir en conséquence à travers une révision immédiate à la hausse des prix de transport et la garantie d’une application loyale et intégrale de l’indexation carburant ».