Par la voix de sa porte-parole Maud Bregeon,le gouvernement a annoncé le 3 septembre reconduire le soutien carburant pour les secteurs les plus exposés (bâtiment, agriculture, pêche). Il en exclut le seul transport routier de marchandises (TRM), dont le guichet d’aide s’est éteint au 31 août, ce qui met en colère les organisations professionnelles du secteur.
Nouveau coup dur pour les transporteurs routiers, alors que le prix du gazole professionnel est au plus haut : le gouvernement stoppe les aides aux carburants pour ce secteur, pourtant essentiel à l’économie. L’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) dénonce « avec la plus grande fermeté cette décision, apprise par voie de presse, sans aucune concertation ni information préalable des représentants du secteur ».
Répercussion de l’inflation sur les contrats de transport
Selon Maud Bregeon, le gouvernement n’a pas retenu les transporteurs routiers dans cette quatrième vague d’aides, au motif que le secteur aurait « pu répercuter la hausse sur ses contrats ».
« Cet argument ne résiste pas à la réalité économique vécue par les entreprises, répond l’OTRE. Depuis plusieurs années, nous dénonçons les conditions d’application trop complexes et insuffisamment contraignantes de ce dispositif. Elles placent trop souvent les transporteurs en situation de faiblesse face à leurs donneurs d’ordre ».
Exclure les transporteurs d’une quatrième vague d’aides alors que les précédentes ne sont toujours pas pleinement versées et que les mesures structurelles promises n’ont pas abouti est incompréhensible, comme l’explique Florence Berthelot, déléguée générale de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) : « Les entreprises attendent toujours la publication du décret relatif aux aides des mois de juin, juillet et août ».
Les fédérations de transporteurs plaident pour l’accélération des travaux engagés sur le mécanisme de répercussion du coût du gazole et de sa simplification. L’Union TLF demande également « aux responsables politiques de revenir sur les mesures envisagées de hausse de fiscalité pesant sur les transporteurs ».
Les aides seront reconduites pour deux mois, jusqu’à fin octobre 2026, pour les agriculteurs (0,15 €/l), les pêcheurs (0,25 €/l), ainsi que pour le secteur du BTP (0,20 €/l), le montant total de l’enveloppe étant estimé à 70 millions d’euros par mois par le gouvernement.