Le procédé n’est pas courant. Il est rare en effet qu’un constructeur annonce l’arrêt d’un modèle sans lui désigner de successeur… alors que celui-ci est pourtant programmé. Ainsi, vient-on d’apprendre que le Kenworth C500, condamné en 2025, allait renaître en 2027.
L’abandon du C500 avait d’autant plus surpris que ce camion lourd pour travaux difficiles opérait sur un segment de marché devenu pratiquement sans concurrence pour Kenworth. Une décision qui s’accompagnait du retrait des W900 et T800W, effectivement en fin de vie, mais dont on connaissait par contre les remplaçants. On peut aussi rappeler qu’en 2020, Kenworth avait déjà arrêté le K500, variante à cabine avancée (d’origine Daf) du C500. Bref, le « hors code » ne semblait plus avoir les faveurs du constructeur pourtant en position de force sur ce petit, mais lucratif, segment de marché.
En Amérique du Nord, les premiers utilisateurs du C500 se trouvent dans le secteur de la recherche et de l’exploitation pétrolière et gazière. En particulier dans des versions plateau et treuil (oil-field body) sur des bases le plus souvent 6×6, mais aussi 8×4, 8×6, voire 8×8.
Ces mêmes camions, pour ces mêmes emplois, trouvent également des débouchés à l’export, en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Mais d’une manière plus générale, toutes les entreprises confrontées à des problèmes de transport lourd en conditions difficiles sont clientes du C500 : bois, mines et carrières, transport exceptionnel, etc.
Motorisations à fort potentiel Pour répondre à ces critères, il faut disposer d’un large choix de châssis renforcés, d’essieux de grande capacité et de motorisations à fort potentiel pouvant supporter des conditions d’exploitation « haut et chaud » à des régimes soutenus, voire en stationnaire. Bref, du costaud partout mais suffisamment modulaire pour s’adapter à des superstructures variées et des terrains différents, et pouvant, le cas échéant, circuler aussi sur route ouverte.
Un premier exemplaire du nouveau C580 a été dévoilé au salon Conexpo, en mars dernier, mais la production ne débutera effectivement qu’en janvier 2027, celle du C500 devant s’arrêter cette année.

Configurations variées
Les configurations de base semblent un peu plus variées que pour le C500 avec notamment des entraînements 4×4, 6×6, 8×6, 8×8 et 10×10. Des capacités allant jusqu’à 20 t à l’avant (en double essieu), et jusqu’à 75 t à l’arrière (sur tandem) sont annoncées, ainsi qu’un PTR maxi de 454 t.
Une seule motorisation est prévue, avec le diesel Cummins X15 développant des puissances allant jusqu’à 605 ch, avec un couple maxi de 2 780 Nm, associé à des boîtes de vitesses manuelles, automatisées (Eaton Endurant XD Pro) ou automatiques (Allison série 4000 et 6000).
Quant à la cabine, elle est dérivée de celle du T880, donc plus vaste, mieux équipée et plus confortable que la précédente, dont elle conserve toutefois le capot en acier, droit et à calandre verticale.
