Face à un marché français du poids lourd en repli l’année dernière, Scania s’appuie sur une diversification de ses activités pour soutenir sa croissance. Soutenue par les porteurs, les services et une capacité d’adaptation industrielle, la marque anticipe un environnement 2026 plus contraint.
Dans un marché 2025 du camion de plus de 16 t en recul d’environ 11 %, sous les 38 000 immatriculations, Scania France poursuit sa progression avec une part de marché (PDM) portée à 15,6 %. « 2025 a été une très bonne année : nous avons gagné des parts de marché, passant de 14,9 % à 15,6 % sur un marché national de 38 261 unités », souligne Eric Darné, directeur commercial de Scania France, qui insiste sur un contexte « exigeant et instable ». En effet, si la proportion des ventes de la marque au griffon a augmenté par rapport aux autres marques de camions, en volume les immatriculations de camions Scania de plus de 5 t ont baissé, de 6 215 en 2024 à 5 974 en 2025.

Premier importateur en France de porteurs
Cette dynamique repose en partie sur un rééquilibrage du mix produit. Les tracteurs restent structurants avec 17,2 % de PDM : Scania est 3e derrière Renault Trucks et Volvo. Mais la progression la plus significative provient des porteurs, à 13,3 % de PDM : la marque devient premier importateur en France. « Nous avons progressivement rééquilibré notre positionnement pour ne plus être uniquement identifiés comme un acteur du tracteur routier », précise Eric Darné. Le référencement Ugap (marchés publics), « qui représente 7 à 8 % des ventes », contribue à cette évolution.
Sur les carrosseries, Scania atteint 15,1 % sur les bennes amovibles, 15,6 % sur les bennes à ordures ménagères et jusqu’à 19,4 % sur les plateaux. Au total, sur le segment des plus de 16 t, le constructeur s’impose comme premier importateur (avec 15,6 % du marché), devant Volvo Trucks et Mercedes-Benz Trucks, tandis que Renault Trucks reste leader.

Transition contrastée
La transition énergétique apparaît plus contrastée. Les énergies alternatives représentent environ 10 % des volumes du Griffon en France, avec une performance en retrait sur le B100 et l’électrique, « en partie à cause de retards de livraison ». Scania se positionne à 14,5 % de PDM, derrière Renault Trucks et Volvo Trucks, tout en conservant une dynamique sur le gaz, qui se poursuit d’ailleurs au premier trimestre cette année. Les perspectives 2026 s’inscrivent toutefois dans un climat « plus tendu ». Eric Nassi, directeur financier France, alerte sur le fait que les banques « resserrent leurs critères et se réservent le droit de revoir les conditions », ce qui pourrait limiter les capacités d’emprunt des transporteurs. Dans ce contexte, le constructeur met en avant des solutions permettant « d’aider les clients à passer les périodes de tension tout en sécurisant leurs investissements ».
Sur le plan produit, l’évolution des batteries s’inscrit dans une logique modulaire, avec des capacités atteignant 624 kWh installés (560 kWh utiles), attendues en septembre 2026, intégrées directement dans le châssis, y compris sous cabine. Enfin, la diversification passe par des applications spécifiques, avec le développement du véhicule militaire Vampire 4×4 de 19 t. La direction souligne que l’implantation industrielle à Angers a amplement facilité l’opération.