Carrosserie, remorques : Lamberet se place en redressement judiciaire

Le carrossier français Lamberet vient de demander sa mise en redressement judiciaire.

Nouveau séisme dans le secteur de la carrosserie industrielle. Le leader européen du véhicule sous température dirigée, Lamberet SAS, a été placé, à sa demande, en redressement judiciaire le 2 juillet 2026 par le tribunal des activités économiques de Lyon. Une procédure préventive qui illustre l’extrême fragilité des équipementiers du transport routier.

Le tribunal des activités économiques de Lyon a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l’égard de la société Lamberet SAS. C’est l’entreprise elle-même qui a sollicité cette mesure de protection, devenue indispensable pour geler le passif et restructurer l’outil industriel. Fondé en 1935 à Vonnas (Ain), Lamberet est le fleuron français de la carrosserie frigorifique. Le constructeur emploie aujourd’hui près de 1 000 salariés sur ses sites de Saint-Cyr-sur-Menthon, Saint-Eusèbe (Saône-et-Loire), Sarreguemines (Moselle) et via sa filiale allemande Kerstner, spécialiste des groupes froids électriques.

Cette procédure judiciaire inquiète le secteur de la carrosserie industrielle française, qui a déjà vu Aubineau suivre le même chemin, mi-juin.

Marché national très dégradé

Le carnet de commandes du carrossier est « rempli » mais l’entreprise subit un effet de ciseaux financiers. La direction invoque un marché national très dégradé (la France pèse pour 55 % du chiffre d’affaires), conjugué aux blocages géopolitiques au Moyen-Orient et à l’inflation persistante des aciers, composites et isolants polyuréthanes. « La décision rendue par le tribunal n’est pas une fin : c’est un outil au service de notre projet industriel », insiste son directeur général, Stefano Chmielewski, qui a remplacé Cyril Abegg en juillet 2025, dans le but d’accompagner le second volet du plan de performance. La période d’observation de six mois, garantit la continuité totale de l’exploitation. Les usines tournent, les livraisons se poursuivent et le réseau de service après-vente (Lamberet Services) reste opérationnel pour les transporteurs, insiste le carrossier. Il n’est pas encore précisé dans quelle mesure cette mise en redressement judiciaire s’accompagnera d’un plan social.

La crise de 2008 dans les mémoires

Ce basculement rappelle la période de la crise de 2008, lorsque Lamberet avait frôlé la disparition avant d’être redressé par le fonds Caravelle en 2009, puis adossé en 2015 au géant étatique chinois Avic (via Xinfei France). Ce dossier s’inscrit dans une dégradation plus large de la carrosserie industrielle française. L’indicateur de défaillances publié par le cabinet Altares pour le premier trimestre 2026 confirme la tendance avec une hausse de 6,6 % des procédures collectives dans le segment de la sous-traitance automobile.

Le 17 juin, Aubineau Constructeur, fabricant historique basé à La Petite-Boissière (Deux-Sèvres), a annoncé solliciter son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Niort. L’entreprise invoque une hausse de 19 % du prix de ses matières premières et une forte baisse de son carnet de commandes, son chiffre d’affaires ayant chuté de 21,7 à 9,6 millions d’euros. Quelques semaines plus tôt, le 3 juin 2026, le tribunal de commerce d’Arras avait prononcé la liquidation judiciaire de Durisotti, spécialisé dans la transformation de véhicules utilitaires, entraînant 350 licenciements au sein du groupe GTE Automotive.

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