Le tracteur routier électrique Renault T E-Tech 780 n’est plus seulement un prototype transporté de salon en salon, d’abord à Solutrans à Lyon en novembre 2025, puis à Transpotec à Milan, ce mois-ci. Deux exemplaires sont utilisés en phase d’exploitation, sur deux lignes, pour le compte de la marque au losange et de celle au bibendum. Avec une autonomie qui dépasse les usages habituels des camions électriques.
Pour Renault Trucks, le véhicule est exploité par le transporteur Dupessey & Co, sur un flux entre Lyon (Rhône) et Modane (Savoie), soit 420 km aller-retour sur un parcours essentiellement montagneux.
Pour Michelin, il est exploité par LTR Vialon sur un flux entre Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) et Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), soit 520 km aller-retour, principalement sur routes nationales et autoroutes vallonnées.
Électrification des flux logistiques
Renault Trucks poursuit ainsi l’électrification de ses flux logistiques. En 2024, le constructeur au losange a lancé une première rotation avec des ensembles routiers électriques, pour le transport d’essieux entre ses usines de Lyon et de Bourg-en-Bresse (Ain). Elle est exploitée au quotidien depuis deux ans, avec Dupessey & Co mais aussi avec les transports Chazot.
En 2025, il a mis en place un dispositif de transport routier électrifié à travers la France, avec le groupe Malherbe, entre ses usines de Blainville-sur-Orne (Calvados), Bourg-en-Bresse et Lyon, pour acheminer cabines, moteurs et essieux entre ses sites industriels français.

Pas de recharge intermédiaire
Le déploiement du Renault Trucks E-Tech T 780 sur le flux Lyon-Modane marque une nouvelle étape dans cette trajectoire. Il démontre qu’un flux longue distance peut désormais être réalisé sans recharge intermédiaire, avec une organisation d’exploitation simplifiée. Les rotations quotidiennes représentent environ 400 kilomètres aller-retour, avec un chargement de 23 à 24 tonnes de marchandises. Selon le constructeur, chaque rotation électrique permet d’éviter l’émission d’environ 400 kg de CO₂.
La recharge du véhicule est réalisée quotidiennement sur le site de dépôt du transporteur à Corbas (Rhône), sur des bornes déjà installées et accessibles.
« Chez Renault Trucks, nous sommes convaincus qu’il n’existe pas un camion électrique unique pour tous les usages, explique Emmanuel Duperray, qui est son directeur de l’électromobilité. Avec une offre de tracteurs électriques qui couvre plusieurs missions, nous accompagnons chaque client vers la configuration la plus adaptée, avec le bon niveau d’autonomie pour son exploitation réelle. Aujourd’hui, l’autonomie n’est plus un frein à l’électrification de nombreux usages du transport. »
Cinq voyages par semaine
Pour Michelin, c’est LTR Vialon qui assure l’exploitation du véhicule électrique sur un flux entre Le Puy-en-Velay et Montceau-les-Mines, d’usine à usine. Le transporteur réalise cinq voyages par semaine en boucle pour le compte du manufacturier, avec environ 23 tonnes de marchandises par rotation. L’objectif est de recharger une fois par jour, la nuit, à une station proche de l’usine de Montceau. L’organisation des recharges a été pensée pour s’intégrer au rythme d’exploitation. Chaque rotation en camion électrique permet d’éviter l’émission d’environ 400 kg de CO₂ par jour, selon le manufacturier.
Camion électrique de nouvelle génération
Le Renault Trucks E-Tech T 780 représente une nouvelle génération de tracteurs électriques conçue pour le transport longue distance. Avec une autonomie de 600 kilomètres sans recharge, il permet d’électrifier des flux jusqu’ici principalement assurés par des véhicules thermiques, avec des conditions d’exploitation plus proches des standards habituels du transport.
L’autonomie étendue du Renault Trucks E-Tech T 780 repose notamment sur l’intégration d’un essieu électrique eAxle, qui regroupe à l’arrière du véhicule les principaux éléments de la chaîne cinématique, dont les moteurs électriques et la transmission. Cette architecture libère de l’espace entre les longerons pour intégrer des packs de batteries supplémentaires.
Le tracteur routier reçoit également des batteries à haute densité énergétique, conçues pour garantir un haut niveau de performance dans la durée, jusqu’à 8 ans ou 1 million de kilomètres.
Il bénéficie enfin d’une suspension pneumatique intégrale, assurant un meilleur confort de conduite et facilitant les manœuvres lors des opérations de mise à quai.
