La région autrichienne du Tyrol entend poursuivre sa politique de limitation du transit des poids lourds au col du Brenner, malgré les critiques du droit européen. C’est désormais à la Cour de justice de l’Union de se prononcer.
Actuellement, environ 2,5 millions de camions franchissent chaque année le col du Brenner, qui relie l’Allemagne à l’Italie via l’Autriche. Mais il existe des restrictions de circulation par jour et par horaire, notamment de nuit. Des grands transporteurs comme Dachser empruntent l’itinéraire pour relier Munich (Allemagne) à Bolzano (Italie).
Bras de fer
Et le bras de fer autour du transit poids lourd au Brenner se poursuit. Le 16 juillet 2026, l’avocat général de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), saisi par l’Italie dans l’affaire C-524/24, a estimé que trois restrictions autrichiennes étaient contraires au droit de l’UE : l’interdiction nocturne des poids lourds, certaines interdictions sectorielles et les restrictions hivernales.
Régulation des entrées
Le système de régulation des entrées de camions, dit « Blockabfertigung », a en revanche été jugé compatible avec le droit européen. Le même jour, le gouvernement du Tyrol a annoncé qu’il ne renoncerait pas à sa politique de limitation du transit. Dans un communiqué officiel intitulé « Le Tyrol ne cède pas sur le transit des poids lourds », le chef de l’exécutif régional tyrolien Anton Mattle et le conseiller aux Transports René Zumtobel affirment que le Tyrol continuera à défendre les mesures « destinées à protéger la population et l’environnement ». Le Land indique toutefois qu’il examinera les conclusions de l’avocat général et se prépare à différents scénarios.
En attendant l’arrêt définitif, les interdictions restent applicables sur les autoroutes A12 et A13. Le calendrier des restrictions 2026 demeure notamment en vigueur. Le dossier reste donc ouvert pour les transporteurs empruntant l’axe Allemagne-Italie tant que la CJUE n’a pas rendu son arrêt dans cette affaire.