Hyliko développe le rétrofit camion hydrogène en région lyonnaise

Hyliko, rétrofiteur de camions à motorisation gasoil en électrique à pile à combustible hydrogène, a inauguré un centre de recherche et développement, le 30 juin à Saint-Priest (Rhône). Cela augure d’une implantation de long terme dans la métropole lyonnaise.

Le 30 juin la société Hyliko, qui a mis au point un concept de rétrofit de camion à moteur thermique en moteur électrique alimenté par pile à combustible fonctionnant à l’hydrogène (FCEV ou fuel cell electric vehicle), a inauguré un centre de recherche et développement (R&D) à Saint-Priest dans le département du Rhône.

Implantation durable

Dans les faits, l’activité sur site dépasse le bureau d’études : cet établissement assure aussi l’assemblage des véhicules rétrofités, le SAV (service après-vente) et la gestion des pièces. Il complète ainsi, au sein de la métropole lyonnaise, le pôle de maintenance implanté à Villabé, en région parisienne dans le département de l’Essonne, qui intègre une station-service hydrogène à haut débit pour poids lourds (PL).

Choix stratégique

Cette nouvelle implantation est stratégique : Hyliko se déploie au cœur d’une région Auvergne Rhône-Alpes (Aura) engagée dans plusieurs projets de développement du carburant hydrogène (H2) : vallée Imaghyne, Grand-Lhyon, etc. Le rétrofiteur a également pris en compte la proximité de Renault Trucks, son fournisseur de châssis, mais aussi d’Hympulsion, son fournisseur de carburant, voire du centre d’essais Transpolis.

Subventions en question

En termes de commercialisations de camions hydrogènes, pour Hyliko l’année 2024 reste embryonnaire : elle a été couronnée de seulement cinq immatriculations de PL FCEV, trois étant rétrofités sur des bases Renault Trucks et deux étant des porteurs neufs Hyundai. Mais le contexte politique est favorable : la marque a reçu de l’Ademe une subvention de 10,7 M€. Cette somme ne sera versée que si le concepteur parvient à mettre en exploitation 34 PL à Paris et 13 à Lyon. Une perspective qu’Ovarith Troeung, directeur général de l’entreprise, estime favorable.

Approche industrialisée

Elle l’incite à accélérer son approche industrialisée du rétrofit. Outre le R&D, de l’analyse des besoins des clients à l’homologation des véhicules en passant par leur prototypage, le centre de Saint-Priest est constitué de bureaux de 200 m2 et d’un atelier de 400 m2. Il y est prévue une production annuelle de 20 à 30 châssis. Cela permettra de réduire les délais de fabrication à trois mois pour un porteur ou tracteur FCEV. Actuellement, ils se situent à environ un an.

Deuxième génération à Solutrans

L’Hyliko Gen 2, évolution des PL exploités commercialement depuis plus d’un an, devrait être exposé sur le salon Solutrans et même proposé à l’essai. Hyliko vise avec cette nouvelle génération une réduction de consommation de 20 %. Elle se situe actuellement à 10 kg d’H2/100 km. Le rétrofiteur avance un objectif de parité avec le thermique et l’électrique à batterie en optimisant l’existant.

Offre commerciale étoffée

Autre nouveauté, la commercialisation de ses camions FCEV : depuis l’origine, ils étaient disponibles en « truck as a service », c’est-à-dire qu’Hyliko proposait une location incluant exploitation et maintenance du véhicule. C’était adapté à une phase de lancement, quand les homologations étaient en cours. Elles sont désormais acquises, et Hyliko peut donc maintenant vendre ses camions, à l’image de ce qui se pratique avec le projet HyGuane. La livraison du premier PL guyanais H2 devrait quant à elle être effective au premier trimestre 2026.

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