Face à une inflation incontrôlée des prix des carburants, les transporteurs routiers français ne sont pas satisfaits des mesures annoncées par le gouvernement le 23 mars. Certains appellent à la mobilisation les 28 et 30 mars. Rappelons les revendications des 3 principales fédérations françaises de transporteurs routiers.
Le 23 mars, le ministre des Transports a annoncé trois mesures destinées à soulager la trésorerie des entreprises du transport routier, de voyageurs comme de marchandises.
Celles-ci sont jugées insuffisantes par les organisations de transporteurs, et des fédérations de l’OTRE ont appelé à la mobilisation leurs adhérents, les 28 et 30 mars.
Rappel : les revendications des fédérations de transporteurs
L’OTRE demande :
- une aide forfaitaire par véhicule, sur le modèle de celle mise en place en 2022, afin de compenser les pertes déjà subies ;
- une remise immédiate et ciblée sur le carburant, seule mesure capable de répondre efficacement à la crise actuelle.
La FNTR ajoute, en plus de l’aide directe par véhicule :
- augmentation de la ristourne TICPE, durant le temps de la crise ;
- consigne donnée aux banques de suspendre les échéances de prêts et de crédit-bail.
L’Union TLF, qui avait d’abord exprimé sa satisfaction des mesures annoncées par le ministre des Transports le 23 mars, appelle désormais le gouvernement à prendre une mesure forte, immédiate et ciblée :
- aligner temporairement le niveau de TICPE appliqué aux transporteurs français sur celui de l’Espagne, qui se situe au plancher réglementaire européen. « Aujourd’hui, la TICPE professionnelle est plus élevée en France que dans la moyenne du reste de l’Europe, et ce malgré le remboursement partiel, explique l’Union TLF. Notre taux de TICPE nette est de 45,19 €/hl. A titre de comparaison, l’Espagne applique un taux net de 33 €/hl, soit le minimum autorisé au niveau européen. Cette situation créé une distorsion de concurrence qui fragilise structurellement les transporteurs français. En situation de crise comme actuellement, cette situation devient intenable ».
Une telle mesure permettrait :
- une baisse immédiate de plus de 6 % du prix du gazole pour les transporteurs,
- d’absorber près d’un quart de la hausse subie ces dernières semaines (+26 % entre fin février et le 20 mars),
- de redonner structurellement des marges de manœuvre à des entreprises dont les marges sont déjà parmi les plus faibles d’Europe.
Le coût estimé de cette mesure est de l’ordre de 70 millions d’euros par mois, dans le cadre d’un dispositif temporaire, ciblé sur un secteur stratégique pour l’économie française.
L’Union TLF appelle également à aligner, au-delà de cette crise, de manière plus structurelle la fiscalité du carburant sur ses principaux concurrents européens.