Salaires : le compteur des augmentations reste bloqué à zéro dans le transport routier

© Barette Christophe

Après l’échec des négociations sur les salaires en décembre 2025, les syndicats de salariés du transport routier de marchandises (TRM) ont tenté d’arracher un accord le 9 avril 2026, pendant une réunion de commission paritaire du secteur. Mais les fédérations de transporteurs ont refusé, au prétexte qu’elles n’avaient pas de mandat.

« Comme les négociations annuelles obligatoires (NAO) sur l’augmentation des salaires conventionnels dans le transport routier de marchandises (TRM) n’ont pas abouti en décembre dernier, nous avons rajouté ce point spécifique lors des commissions paritaires de février et d’avril 2026, explique Franck Seyer, représentant de la CFTC Transports. En décembre, les employeurs de l’OTRE, de la FNTR et de l’Union TLF avaient un mandat pour une augmentation générale de 1 %. Nous avions jugé à l’époque que c’était insuffisant. À la CFTC, nous étions d’accord pour signer en avril de cette année mais la partie patronale nous a annoncé qu’elle n’avait plus de mandat ».

Crise internationale

La crise au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz ne contribuent pas à un climat apaisé autour des négociations salariales. Les coûts d’exploitation ont fortement augmenté pour les transporteurs. Le baril de Brent a largement dépassé les 100 dollars et le prix du litre du gazole a augmenté de 50 centimes depuis le début de la guerre en Iran, le 28 février. Plus question pour les transporteurs de lâcher du lest sur les salaires. Ce qui provoque le mécontentement des représentants des salariés.

Une inflation généralisée

« Les salariés du TRM subissent eux aussi cette hausse des coûts du carburant et cette perte de pouvoir d’achat pèse lourdement sur le budget des travailleurs, notamment celles et ceux qui n’ont d’autre choix que d’utiliser leur véhicule pour aller travailler, souligne la CGT Transports. La première cause d’insatisfaction, ce sont les salaires qui ne permettent plus de vivre dignement, encore moins de faire face à l’explosion des dépenses du quotidien ». Et FO Transport de rappeler les chiffres de l’inflation : « +2 % en 2024, +0,9 % en 2025 ».

Parallèlement, les salaires n’ont pas augmenté depuis octobre 2023. Le tassement des grilles de salaires dans la branche est tel que le premier coefficient est à 12,09 euros, soit 7 centimes de plus que le salaire minimum.

Avec une potentielle augmentation du Smic en juillet prochain, certains taux horaires pourraient être inférieurs au salaire minimum. « Une augmentation de 1 %, cela représente peu, conclut un des négociateurs. 20 €, 25 €… C’est à peine de quoi manger dans un routier. Nous en sommes là… »

 

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