Du Thor 24 et ses 13,2 millions de dollars aux Scania R770 et Volvo FH16 les plus optionnés d’Europe, certains camions atteignent des prix vertigineux. Show trucks démesurés, poids lourds premium ou électriques de nouvelle génération : tour d’horizon des camions les plus chers du monde, entre passion, prestige et technologie.
Thor 24 : le camion à 13,2 millions de dollars

C’est le camion le plus cher jamais vendu. Le Thor 24, construit par le promoteur californien Mike Harrah avec les mécaniciens Tim Spinks et Paul Abram, est parti aux enchères en novembre 2019 à Riyad (Arabie Saoudite) pour 12 millions de dollars – 13,2 millions avec la prime acheteur.
Basé sur un Peterbilt 359 Crew Cab de 1979, ce monstre de 14,5 t embarque deux moteurs Detroit Diesel 12V-71 accouplés nez à nez, formant un V24 deux temps de 28 l de cylindrée. Résultat : 3 424 ch à 2 500 tr/mn en configuration de base, et près de 4 000 ch avec les huit bouteilles de protoxyde d’azote. Douze compresseurs, dont huit BDS 8-71, alimentent l’ensemble.
Pour stopper ses 44 pieds lancés à plus de 200 km/h, le Thor 24 dispose de quatre parachutes de freinage. L’intérieur n’est pas en reste : 1 500 watts par canal audio, sept écrans vidéo, 24 jauges Autometer dans un cockpit digne d’un avion de ligne, et même un compartiment à cigares intégré dans la portière. Sept ans de travail et 7 millions de dollars de construction auront été nécessaires pour donner vie à ce que Hot Rod Magazine a surnommé la « Holy Mother of Metal ».
Le Mack du Sultan de Johor : un million de dollars de luxe royal

Avant le Thor 24, le record du camion le plus cher appartenait à un Mack Super-Liner commandé par le Sultan de Johor (Malaisie). Facturé environ un million de dollars – le double du précédent record chez Mack (481 000 $) –, ce poids lourd hors norme avait été conçu comme un véritable palace roulant.
Parquet en eucalyptus, sellerie en cuir d’Afrique du Sud, sceaux royaux brodés en fil d’or sur les sièges, et même un pont arrière aménagé avec barbecue : ce Super-Liner illustre à lui seul la culture du show truck poussée à l’extrême. Un objet de collection plus qu’un outil de transport.
Show trucks américains : quand le Peterbilt et le Kenworth deviennent des œuvres d’art

Chaque année au Mid-America Trucking Show (MATS) de Louisville (Kentucky), le PKY Truck Beauty Championship rassemble quelque 175 camions d’élite. Les Peterbilt 389 et Kenworth W900, avec leur capot long (long nose) caractéristique des USA, dominent ces compétitions où chrome, peinture et aménagements intérieurs se disputent les prix.

Un Peterbilt 389 ou un Kenworth W900 sort d’usine entre 150 000 et 250 000 dollars. Mais une fois passé entre les mains des préparateurs, la facture peut grimper bien au-delà. Les show trucks de compétition les plus aboutis atteignent 600 000 à plus d’un million de dollars, selon le niveau de personnalisation : cabines XXL aménagées comme des suites d’hôtel, systèmes audio sur mesure, peintures multicouches qui nécessitent des centaines d’heures de travail.
Un exemple récent : un Peterbilt 389 custom de 2023, équipé d’une cuisine, d’une douche et d’un couchage premium, était affiché à 409 900 dollars. Et pour les builds « championship level », comptez entre 800 000 et un million de dollars.
Scania R770 V8 : le dernier King of road

En Europe, le prestige a un autre visage. Le Scania R770, équipé du légendaire V8 de 770 ch (566 kW), a longtemps été le camion de série le plus puissant du continent. Son moteur développe un couple de 3 700 Nm, de quoi tracter les charges les plus lourdes en convoi exceptionnel comme en transport longue distance.
Un R770 neuf en configuration 4×2 démarre autour de 200 000 euros HT. En version 6×4 très optionnée – cabine S Highline, retarder intégré, suspension pneumatique intégrale –, la facture peut grimper jusqu’à 310 000 euros. Pour les configurations les plus extrêmes (convoi exceptionnel, équipements spécifiques), comptez jusqu’à 320 000 euros HT.
Chez les routiers européens, le V8 Scania reste un objet de fierté. Sa sonorité grave et son couple disponible dès les bas régimes en font un camion à part, autant apprécié pour ses performances que pour son image. C’est le must des bases pour une décoration ou un tuning. Certaines préparations avoisinent allègrement les 500 000 euros. Regardez les photos du porteur-remorqueur Scania R770 danois de Christian Soleen, vous serez bluffés.
Volvo FH16 780 ch : la puissance brute scandinave

Avec son moteur D17 de 17,3 l développant 780 ch et 3 800 Nm de couple, le Volvo FH16 est l’un des poids lourds les plus puissants au monde. En Europe, il a dépassé le Scania 770 S ! Ce six cylindres turbo diesel, disponible depuis la dernière génération du FH Aero, est taillé pour le transport lourd et les terrains exigeants.
Côté tarif, un FH16 780 neuf en version Globetrotter XL se négocie à partir de 180 000 euros HT environ. Les versions les plus équipées – avec le pack I-Save, la suspension pneumatique intégrale et tous les assistants de conduite – peuvent atteindre 230 000 à 250 000 euros TTC. On est loin des sommes astronomiques des show trucks américains, mais le FH16 reste le haut du panier européen.
Tesla Semi : le pari électrique à 290 000 dollars

Annoncé en 2017, longtemps repoussé, le Tesla Semi est enfin entré en production de masse en mars 2026 à la Giga Nevada. Deux versions sont proposées : Standard Range à 250 000 dollars et Long Range (800 km d’autonomie) à 290 000 dollars, soit environ le double d’un tracteur diesel équivalent – mais près de 100 000 dollars de moins que la concurrence électrique.
Tesla vise entre 5 000 et 15 000 livraisons sur l’année 2026, avec un objectif de 50 000 unités par an à terme. Si le coût d’acquisition reste élevé, l’argument de Tesla repose sur le coût d’exploitation : l’électricité est moins chère que le diesel, et l’entretien d’un moteur électrique est réduit au minimum. Un pari qui commence à convaincre les grandes flottes américaines, PepsiCo en tête.
Mercedes Actros L : la référence technologique des flottes

Avec un prix catalogue démarrant autour de 100 000 euros HT et grimpant jusqu’à 170 000 euros pour les versions Actros L 1863 (625 ch) en cabine GigaSpace, le Mercedes-Benz Actros reste la référence des grands transporteurs européens. Ce n’est pas le plus cher, mais c’est sans doute le plus technologique.
MirrorCam de série (caméras remplaçant les rétroviseurs), Active Drive Assist de niveau 2 (conduite partiellement automatisée), Active Brake Assist 6, Sideguard Assist 2… L’Actros embarque un arsenal d’aides à la conduite que la concurrence peine à égaler. La nouvelle cabine ProCabin, lancée en France début 2026, pousse encore plus loin le confort du conducteur.
Regardez maintenant la version camion école électrique, le Mercedes eActros 600 récemment acquis par ECF, au prix de 500 000 € TTC, recharge comprise…
Renault Trucks T High : la rentabilité à la française

Positionné entre 100 000 et 140 000 euros TTC en version 520 ch (moteur DTI 13), le Renault Trucks T High est le choix rationnel des flottes qui raisonnent en coût au kilomètre. Moins cher que ses concurrents scandinaves et allemands, il n’en reste pas moins compétitif sur la route.
Son atout : une consommation optimisée qui en fait l’un des tracteurs les plus économes de sa catégorie en longue distance. La cabine High, spacieuse et bien insonorisée, offre un confort de conduite digne du segment premium. Un choix stratégique pour les transporteurs qui veulent maximiser leur rentabilité sans sacrifier le confort de leurs conducteurs.
Depuis quelques années, Renault Trucks propose aux patrons-chauffeurs une préparation « usine », made in France, avec peinture personnalisée et accessoires, réalisée dans l’atelier 01 Customized à Bourg-en-Bresse (Ain). De quoi se distinguer sur la route à un prix somme toute « raisonnable »…
Ce que révèle ce classement
Entre un Thor 24 à 13 millions et un Renault T High à 120 000 euros, il y a un monde – mais aussi une même passion pour le camion. Ce classement met en lumière deux univers parallèles : celui des show trucks américains, où le camion est un objet d’art et de prestige, et celui des flottes européennes, où la puissance et la technologie servent avant tout la performance économique.
La montée en puissance des camions électriques ajoute un troisième axe : celui de l’innovation, avec des prix d’acquisition encore élevés mais des coûts d’exploitation en baisse. Une tendance qui ne fait que commencer et qui pourrait bien redessiner ce classement dans les années à venir.