Le Comité national routier (CNR) lance un nouvel indice mensuel dédié au biocarburant B100. Un outil salué par des fournisseurs comme Oleo100, qui y voit une avancée pour la transparence des mécanismes d’indexation tarifaire.
Le CNRest sur tous les fronts en cette première partie d’année 2026. Après avoir annoncé la publication bimensuelle de son indice gazole du fait de l’inflation des carburants, il enrichit son dispositif de suivi des coûts d’exploitation avec cet indice qui mesure l’évolution du coût du B100 acheté par les entreprises françaises de transport routier de marchandises et de voyageurs. Il s’appuie sur une enquête statistique mensuelle menée auprès des utilisateurs, intégrant le prix hors taxes du carburant livré en cuve dans le cadre de contrats d’approvisionnement en France continentale, ainsi que la fiscalité applicable.
Historique de moins d’un an
La série historique débute en septembre 2025. Ce lancement intervient alors que le B100 s’est imposé comme l’une des principales solutions de décarbonation rapide du transport lourd. Au-delà de sa vocation statistique, l’indice a été conçu pour servir de référence dans les mécanismes de révision des prix. Le CNR l’accompagne d’une note méthodologique et d’un simulateur d’indexation permettant aux transporteurs de calculer et de répercuter auprès de leurs clients l’évolution de la composante énergie. Un peu à la manière de l’indexation gazole qui est réglementaire.
Sortir de la dépendance au gazole
Pour Bastien Le Bouhellec, directeur d’Oleo100, cet indice constitue « une avancée majeure en termes de transparence ». Cette nouvelle référence marque une étape dans la structuration du marché. La constitution progressive d’un historique de données doit désormais permettre, selon lui, de gagner en clarté et, à terme, de faciliter une indexation déconnectée du gazole. Il souligne toutefois que sa généralisation nécessitera « l’adhésion de toute la chaîne logistique, à commencer par les chargeurs : ils devront accepter cette nouvelle référence qui devra être représentative dans le pied de facture pour que le transporteur puisse la répercuter sans prendre de risque financier ».
Une intérêt porté par la crise iranienne
Cette annonce intervient alors que les immatriculations de camions en B100 exclusif ont baissé en début d’année 2026, « en subissant le contrecoup des incertitudes nées des discussions autour du Projet de Loi de Finances (PLF) », selon Bastien Le Bouhellec, avec un report pour des véhicules gazole pouvant utilisant du B100 de manière plus souple. L’an passé, les immatriculations en B100 exclusif se situaient à 5,4 % des immatriculations, en légère baisse par rapport à 2024 (5,8 % des immatriculations), ce qui ne signifie pas pour autant une désaffection pour cet agrocarburant. En effet, dans le même temps, sa consommation à grimpé de 25 % à 325 000 t. Et la dynamique s’est poursuivie en 2026, poussée par la flambée du gazole et le soucis de s’assurer une source d’approvisionnement fiable. « Alors que ces deux dernières années, notre croissance reposait principalement sur des clients déjà convaincus, poursuit Bastien Le Bouhellec. Nous observons à présent l’arrivée de nouveaux transporteurs, historiquement fidèles au gazole ». Oleo 100 indique enregistrer sur une croissance supérieure à 10 % en volume sur l’exercice en cours.