Salaires : les propositions patronales laissent un goût de trop peu aux routiers salariés

L'absence de revalorisation salariale depuis 3 an dans le TRM fait qu'avec les coefficients les plus bas, les taux horaires sont inférieurs au SMIC. Photo d'illutration : © IA Gemini.

Après trois années sans revalorisation conventionnelle, les négociations annuelles obligatoires (NAO) des salaires de la branche transport routier de marchandises (TRM) ont repris le 17 septembre. Les syndicats estiment insuffisantes les propositions patronales d’augmentation comprises entre +2,4 % et +2,9 %.

A l’issue d’une dernière tentative en avril 2026 lors d’une réunion de commission paritaire du secteur, qui a mis fin à l’espoir de voir une augmentation des grilles de salaires conventionnels après plus de deux ans de disette,les partenaires sociaux de la branche TRM s’étaient quittés sur un statu quo qui n’arrangeait pas les salariés. Le 17 septembre, les NAO de la branche ont repris, avec l’espoir d’aboutir à un accord avant la fin de l’année 2026, ce qui ferait trois ans sans hausse sur les grilles de salaires conventionnels.

Les organisations professionnelles représentatives (FNTR, OTRE et Union TLF) ont rencontré celles des salariés (CFDT, CGT, FO-UNCP, CFTC et CFE-CGC) à Paris. « Il était temps car depuis juin, nous leur mettons la pression, il y a urgence à augmenter les salaires, insiste Patrice Clos, secrétaire général de FO-UNCP Transports et Logistique. Inflation à 2,5 % en moyenne de l’énergie, des carburants mais aussi des produits de première nécessité, gel des salaires depuis décembre 2023… nous avons évalué la perte du pouvoir d’achat des salariés de la branche à 10,5 % ».

Les employeurs ne sont pas venus les mains vides

Heureusement, les employeurs n’étaient pas venu les mains vides. L’Union TLF a rapidement proposé une augmentation de 2,4 % des grilles conventionnelles, alors que la FNTR et l’OTRE ont avancé une augmentation de 2,9 %, à partir de janvier 2027.

Les organisations syndicales de salariés ont unanimement jugé ces propositions patronales insuffisantes. Elles demandent une revalorisation tenant compte de l’inflation, de l’évolution du SMIC et du rattrapage du gel salarial. Elles veulent aussi des avancées sur le 13ᵉ mois conventionnel, l’indice de pénibilité et les conditions de travail. Soit un rattrapage pour 2026, et une nouvelle négociation dès le début de l’année 2027.

Les syndicats mobilisent

Le prochain round des négociations est fixé au 13 octobre. Il risque d’être un peu tendu, car FO appelle les salariés du secteur à la grève dès le dimanche 11 octobre à 22 h. « Cela devrait se traduire par des mobilisations dans les entreprises », prévient Patrice Clos. De son côté, la CFDT veut mobiliser le 16 octobre 2026.

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