L’Union TLF organisait son assemblée générale annuelle, le 18 juin à Paris. Avant l’orage qui grondait, la fédération de transporteurs routiers a profité d’un parterre prestigieux pour dévoiler deux études de marché.
L’Union TLF a dévoilé une étude destinée à évaluer le poids économique réel du transport routier de marchandises (TRM), ainsi qu’une plateforme en vue des élections présidentielle et législatives de 2027. Une bataille d’idées que nous dévoile Olivier Poncelet, le délégué général de l’Union TLF.

L’Union TLF a révélé une étude commandée au cabinet Asterès, sous l’égide de l’économiste Nicolas Bouzou. Elle mesure le poids réel du transport de marchandises et de la logistique en France. Que dévoile-t-elle ?
Il y a un enjeu à pouvoir démontrer, chiffres à l’appui, de manière exhaustive et rigoureuse, les impacts positifs de notre secteur sur l’économie, sur l’emploi. Ce qui est démontré dans l’étude, c’est que notre secteur pèse près de 10 % du PIB et représente 3 millions d’emplois directs ou indirects, soit 12 % de l’emploi en France. Nos 40 000 entreprises sont ancrées dans les territoires. 80 % de ces emplois se trouvent en région hors Île-de-France. 80 % des apprentis trouvent un contrat dans les six mois qui ont suivi leur formation, un taux d’insertion élevé. L’étude montre également combien notre secteur investit dans la formation, et dévoile un ensemble de chiffres dont nous pouvons être fiers. Notre filière pèse plus que l’agroalimentaire et trois fois plus que l’hôtellerie-restauration. Une étude que nous comptons faire connaitre notamment en vue des élections à venir en France en 2027.
Comment l’Union TLF compte peser dans les campagnes électorales à venir ?
Notre préoccupation est de valoriser et défendre la profession. Pour faire connaitre l’étude réalisée par le cabinet Asterès, sous l’égide de Nicolas Bouzou, et nos propositions, nous avons lancé un mouvement qui va se matérialiser autour d’une plateforme digitale www.fretlog27.fr. Cette plateforme de mobilisation du secteur transport et logistique pour l’élection présidentielle 2027 va recenser l’ensemble des actions et initiatives que nous allons mener dans le cadre de ces élections. Nous appelons les transporteurs à contribuer en apportant leurs propositions.
Il a aussi été beaucoup question de géopolitique avec notamment la guerre en Iran. Les transporteurs ont été fortement impactés par l’augmentation du prix du diesel, quelles sont les remontées des adhérents de l’Union TLF ?
Les prix ont effectivement explosé, ce poste représente plus de 25 % des coûts d’exploitation. Les transporteurs ont subi un choc de trésorerie violent qu’il a fallu traiter avec les pouvoirs publics via des cellules de crise, en lien direct avec le ministre de l’Économie, Roland Lescure, et celui des transports, Philippe Tabarot, dans la continuité des revendications déjà portées par les fédérations du transport routier sur l’inflation des carburants.
La bataille que nous avons menée sur le pied de facture, cette possibilité d’indexation du gazole qui n’existe pas dans tous les pays d’Europe, a permis aux transporteurs de pouvoir survivre pour un très grand nombre, de passer cette crise. La répercussion a pu se faire dans la majorité des cas. Lorsque la loi n’était pas respectée, la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) et la médiation des entreprises sont intervenues.
L’inflation touche également les salariés. Le SMIC a augmenté de 2,41 % le 1ᵉʳ juin, et certains taux horaires de la grille des salaires de conducteurs routiers, dans la convention collective du TRM, ne sont plus très éloignés du salaire minimum…
Cette hausse est principalement tirée par les prix de l’énergie. Parallèlement, le gouvernement a décidé d’un gel des allégements de charges, dont nous avons estimé l’impact à 150 millions d’euros pour notre secteur. Dans ce contexte, le dialogue social va s’ouvrir. Il faudra trouver des accords qui puissent maintenir un juste équilibre en respectant la diversité des entreprises.