Le 22 septembre, le gouvernement a annoncé le prolongement du dispositif d’aides à l’achat de carburant pour les particuliers et certains secteurs d’activité économique, comme le BTP ou la pêche. Le transport routier de marchandises en est toujours exclu.
Après les annonces du 3 septembre sur une aide directe à la pompe pour certains secteurs professionnels, dans le secteur du transport routier, on attendait celles du 22 septembre. Ce mardi soir à Bercy, plusieurs ministres se sont relayés à la tribune : Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, Maud Bregeon, porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée chargée de l’Énergie et enfin Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche. Mais il n’y avait ni le ministre de l’Écologie, ni celui des Transports.
Dans le but de faire face à une forte inflation des carburants fossiles super sans plomb et gazole, consécutive de la crise entre États-Unis, Israël et Iran qui aboutit au blocage du détroit d’Ormuz, ces ministres ont annoncé un prolongement du dispositif de soutien aux gros rouleurs particuliers, ainsi qu’aux professionnels des secteurs du bâtiment et travaux publics (BTP) et de la pêche, jusqu’au 31 décembre. Les gros rouleurs que sont les transporteurs routiers de marchandises et de voyageurs n’ont pas été mentionnés, et en sont donc exclus.
Incompréhension et colère
« C’est un manque de considération inacceptable pour des milliers d’entreprises qui font tourner l’économie française chaque jour », a réagi Florence Dupasquier, présidente de la FNTR.
Le gouvernement s’est justifié en répondant que les transporteurs pouvaient répercuter l’augmentation du prix des carburants sur celui de leur prestation, via le dispositif d’indexation gazole. S’il est appliqué, la hausse du prix se répercute sur le donneur d’ordre du transport et, in fine, sur le client destinataire final de la marchandise.
Les organisations professionnelles répondent que la négociation commerciale entre transporteur et donneur d’ordre ne joue pas en la faveur des premiers : « Dans un secteur composé à plus de 80 % de TPE et de PME, le rapport de force est profondément déséquilibré face aux grands donneurs d’ordre », dénonce l’OTRE. Ceux-ci peuvent appliquer les prix qu’ils souhaitent, et confier la prestation de transport à l’entreprise qui les acceptent.
La FNTR réclame des comptes et de la transparence
« Combien de contrôles la Direction de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) a-t-elle réalisés à la suite de signalements effectués par les entreprises, par rapport au non-respect de ce règlement d’indexation, s’interroge la FNTR. Combien de mises en demeure ont été prononcées ? Combien de sanctions ont été engagées ? Les transporteurs ont le droit de connaître les résultats concrets de l’action de l’État pour faire respecter les dispositions prévues par la loi ».
Les organisations de transporteurs rappellent par ailleurs que, dans le cadre des dispositifs d’aide précédents, seule celle correspondant à l’inflation des carburants en avril 2026 a été versée aux entreprises. Celles-ci attendent toujours celle du mois de mai.
Demande d’une audience auprès du Premier ministre
« Face à cette accumulation de retards et à l’absence de réponses, la FNTR demande à être reçue dans les plus brefs délais par le Premier ministre afin de lui faire part du désarroi et de la colère des chefs d’entreprise du TRM ». De son côté, l’OTRE avertit le gouvernement : « En refusant de prendre en considération la détresse des professionnels que nous représentons, le gouvernement prend le risque de provoquer l’expression d’une colère profonde, à travers une mobilisation que les transporteurs ne souhaitent pourtant pas ».