Le gouvernement veut accélérer sur la livraison de marchandises du dernier kilomètre. En publiant cet été un arrêté permettant leur homologation, le ministère des Transports entend favoriser l’essor des robots routiers autonomes de livraison de marchandises. Et faire de la France l’un des pionniers mondiaux…
Le ministère des Transports a publié le 28 juillet un arrêté destiné à ouvrir à l’homologation des robots de livraison de marchandises autonomes, et à autoriser leur circulation sur la voie publique, mais « sur la chaussée, hors trottoir », précise le ministère des Transports dans un communiqué publié le 7 août. Ces véhicules sans conducteur sont désormais classés dans la catégorie L des tricycles et quadricycles à moteur.

Ces robots, que le ministère qualifie de « petits », ne le sont pas vraiment : ils peuvent mesurer jusqu’à 4 m de long, 2 m de large et 2,5 m de haut, et disposer d’une charge utile de 1 000 kg (1 t). Ce qui en fait des machines à tuer en cas de perte de contrôle. Rassurez-vous, leur usage sera des plus sûrs : « conçus pour le transport de marchandises sans présence humaine à bord, ces robots utiliseront des capteurs (caméras, lidars, radars) et des logiciels embarqués, parfois dopés à l’IA, détaille le communiqué. Ces outils leur permettront d’analyser leur environnement, d’éviter les obstacles et de naviguer sur des parcours prédéfinis ».
Les fonctionnaires ont même prévu leur mode opératoire : leur circulation sera supervisée à distance, « afin de garantir un haut niveau de sécurité. Ils devront également respecter les réglementations sur la cybersécurité et la protection des données personnelles », précisent les services du ministère.
Et sur quelles chaussées évolueront-ils ? Charge aux collectivités locales de définir les zones et itinéraires autorisés.
En route vers l’autonomie
Depuis 2015, la France a accueilli plus de 200 expérimentations de véhicules autonomes, préparant ainsi doucement leur évolution dans l’espace public, comme en Chine ou aux États-Unis. Ces deux puissances sont devenues des leaders mondiaux grâce au déploiement de robots-taxis, de voitures particulières et de petits camions de livraison sans chauffeur.
Un déploiement qui se fait cependant à marche forcée sur les continents asiatique et américain, contrairement à la France. Chacun garde en mémoire l’énorme embouteillage provoqué par une cinquantaine de robots-taxis Waymo sans chauffeur en mai 2026 dans les rues d’Atlanta aux États-Unis à cause d’un bug de routage logiciel ou bien des incidents provoqués par des fourgonnettes de livraison en Chine.
La France avance donc plus doucement. Le mois dernier, Philippe Tabarot, le ministre des Transports, a bloqué le constructeur Tesla dans le déploiement de son système « Full Self-Driving » ou conduite entièrement autonome supervisée pour des questions de sécurité.