R-PASS : les transporteurs poursuivent la lutte pour sa suspension

Dans le Grand Est, le 15 octobre, les camions étaient sur la route pour une opération escargot en direction de Strasbourg et du siège de la région. © DR.

Le 15 octobre, les fédérations de transporteurs (FNTR et l’Union TLF) se sont mobilisées pour exiger la suspension immédiate du R-Pass en Alsace et de l’écocontribution poids lourds (ECPL) dans la région Grand Est. Suite à cette mobilisation, les représentants des transporteurs et les élus vont ouvrir des discussions sur les retombées de la mise en place de ces deux écotaxes.

Après des mois de bataille, les fédérations de transporteurs demandent toujours la suspension du R-Pass en Alsace et de l’écocontribution poids lourds dans la région Grand Est. La FNTR ainsi que l’Union TLF ont organisé, le 15 octobre, deux mobilisations, l’une à Strasbourg et l’autre à Metz. Près de 130 transporteurs ont donc réalisé une opération escargot sur les axes menant à Strasbourg ainsi que deux rassemblements dans ces deux villes de l’Est de la France.

À Metz, les transporteurs ont été reçus par la directrice du cabinet de Franck Leroy, président de la région Grand Est (Les Républicains), le vice-président chargé des transports, Thibaud Philipps, ainsi que les différents présidents des départements.

« Les élus avaient l’air de découvrir les conséquences économiques de la mise en place de ces deux nouvelles écotaxes », relate Brigitte Kempf, co-présidente FNTR Alsace et administratrice FNTR Grand Est. La FNTR estime que ces deux écotaxes mettront financièrement en danger les transporteurs de la région, alors que les trésoreries et les marges sont au plus bas avec des coûts d’exploitation qui explosent.

L’étude d’impact sur la mise en place de l’écotaxe, réalisée par la région, est très critiquée par les transporteurs et une partie des milieux économiques locaux. « Nous avons rappelé le poids économique que pèseront ces taxes sur le CA des entreprises, poursuit l’administratrice FNTR Grand Est.  La relation commerciale entre les transports et les donneurs d’ordre ou les clients, ce n’est pas leur problème visiblement. La suspension a explicitement été refusée ». La discussion a également porté sur des promesses d’aides à l’achat de véhicules électriques afin de décarboner les flottes des transporteurs.

Après le 15 octobre, quelle suite ?

Les élus de la région ont proposé aux transporteurs de faire une nouvelle réunion début novembre, mais la date n’est pas encore fixée. Lundi 19 octobre, les instances de la FNTR se sont réunies pour décider des suites à donner au mouvement.

« Avec la période de tension que connaît le pays, après les manifestations du 17 octobre et le désordre actuel, nous avons décidé de ne pas mettre de l’huile sur le feu, prévient Brigitte Kempf. Faire une autre mobilisation dans ces conditions ? Notre message serait noyé dans ce brouhaha de mécontentement actuel (lycéens, gilets jaunes, syndicats). Nous ne serions pas entendus ». Pour l’instant, la fédération de transporteurs ne prévoit pas d’autres mobilisations, mais la co-présidente FNTR Alsace met tout de même en garde : « Je ne suis pas persuadée que face à leur vécu les transporteurs restent aussi calmes ». En novembre, les transporteurs pourraient reprendre la direction de la mobilisation.

 

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