MAN France dévoile son organisation pour déployer le camion électrique

Le porteur MAN eTGM complète la gamme électrique du constructeur au lion. Photo : MAN Truck & Bus.

MAN a annoncé en début d’été qu’il disposait d’une gamme complète de poids lourds électriques de 12 t à 50 t, du tracteur eTGX au porteur eTGM, ce dernier ayant été présenté fin juin aux clients français. De la force de vente aux solutions de financement, la filiale française du constructeur au lion adapte son organisation pour leur commercialisation.

« Nous avons lancé la production des véhicules électriques il y a un an et ils fonctionnent », assurait Jean-Yves Kerbrat, lors d’une conférence de presse le 23 juin au siège à Evry (Essonne). Il a rappelé que 1 300 MAN etrucks étaient sortis d’usine. En même temps qu’il présentait sur le sol français le petit dernier de la gamme, le porteur 16 t eTGM, le directeur général de MAN Truck & Bus France a présenté la nouvelle organisation mise en place pour la commercialiser. L’objectif du constructeur au lion reste qu’en 2030, un camion neuf vendu sur deux soit électrique.

« Passer au véhicule électrique, ce n’est plus une question, estime Jean-Yves Kerbrat. L’offre existe et couvre la quasi-totalité des applications, y compris en chantier, bennes à ordures ménagères, etc. Seules les charges très lourdes type grumier ne sont pas couvertes. En moyenne, ces camions affichent une consommation de 0,9 kWh/km. En électrique, on circule à 15 €/km, c’est compétitif. Désormais, les questions de nos clients transporteurs sont : comment je le finance ? Comment je le mets en exploitation ? »

Force commerciale et financement

Pour convaincre la clientèle, MAN France a renforcé son organisation. La filiale a recruté Helder Ribeiro, directeur commercial Flottes et solutions intégrées. Cet ex-Petit Forestier et Volta Trucks connaît le marché. Il a pour mission de développer le concept de « truck as a service », c’est-à-dire de location longue durée tout inclus, de la fourniture d’électricité à la maintenance.

Helder Ribeiro dispose d’une solide expérience dans le secteur du transport. Il a débuté sa carrière au sein du groupe Petit Forestier, où il a occupé pendant plus de quinze ans différentes fonctions managériales et opérationnelles en France et à l’international. Il a ensuite rejoint Volta Trucks, où il occupait récemment le poste de chief commercial and service officer, au cœur des enjeux de solutions intégrées, d’expérience client flotte et de performance opérationnelle. Il y a notamment développé une offre multiservice de type Truck as a service (TaaS) visant à faciliter l’adoption de l’électrique par les flottes. © MAN Truck & Bus.

En soutien la structure financière qui va prendre en charge le client c’est MAN Rental, qui s’appuie sur la captive du groupe Traton et gère déjà la location de 500 véhicules dans l’Hexagone, toutes énergies confondues. « Le principe est le suivant : le véhicule appartient à MAN Rental, mais c’est le locataire qui l’exploite, détaille Cécile Pastor, directrice de MAN Rental. L’intérêt pour le transporteur est non seulement de lisser le coût d’exploitation, mais aussi d’éviter l’investissement dans l’achat du camion. Il ne prend pas de risque sur la revente. Cette opération est gérée par MAN Rental avec l’équipe Occasion de MAN. On lève aussi les questions qu’il pourrait y avoir sur l’état des batteries, la durabilité du véhicule. Au bout de 3 à 5 ans le client restitue le véhicule et repart avec un nouveau, mis à niveau avec les évolutions technologiques du moment ».

« L’intérêt de louer le véhicule pour le transporteur est non seulement de lisser le coût d’exploitation, mais aussi d’éviter l’investissement dans l’achat du camion ». Cécile Pastor, directrice de MAN Rental. © Nicolas Grumel.

Crédit-bail et crédit classique

Si le client n’est pas convaincu par la location multiservices, il peut se tourner vers le crédit-bail (location avec option d’achat) voire le crédit classique. Il est alors dirigé vers MAN Financial Services, qui s’appuie sur la même captive Traton. « Pour un camion électrique, nous proposons des durées de financement plus longues qu’avec un thermique : de 72 à 84 mois, précise Nordine Bouhedjar, directeur commercial de MAN Financial Services. Un financement peut même s’étendre sur huit, voire dix années ». Le frein à l’équipement électrique demeure le prix du poids lourd, qui reste toujours environ trois fois plus élevé qu’un équivalent à moteur thermique, même si les nouvelles aides CEE apportent un soutien indéniable. Les solutions de location s’avèrent dans ce contexte un accompagnement intéressant, au moins pour les premiers véhicules en exploitation.

Maintenance des batteries

La nouvelle organisation concerne également le département technologique de la filiale française, qui développe un centre de rénovation de batteries, dispositif inédit qui ne va pas sans de nombreuses adaptations de la structure. MAN équipe ses camions de batteries d’origine CATL en NMC (nickel manganèse cobalt), qui sont adaptées et assemblées dans son usine de Nuremberg (Allemagne). Mais une fois les camions en exploitation, il faut en organiser la maintenance dans chaque filiale européenne.

Xavier Rioult est habilité B2TL pour effectuer des travaux sous tension au centre de maintenance de batteries que MAN France a établi en son siège d’Evry (Essonne). © Nicolas Grumel.

Le premier de ces centres de rénovation en France a été établi place au siège de MAN France à Evry. Un investissement de 200 000 € a été nécessaire pour créer une cellule isolée aux normes en vigueur par rapport aux risques explosion et incendie. « Quand j’en démonte une je crains un arc électrique, traduit Xavier Rioult, référent technique eTruck de MAN France. Une batterie de camion c’est 6 000 ampères ». Au sein de la filiale, quatre techniciens sont habilités Travaux sous tension B2TL. « L’objectif est de faire monter le réseau en compétences », précise Xavier Rioult. Actuellement, vingt ateliers sont habilités niveau 2, ce qui nécessite un investissement de 50 000 à 60 000 euros par site. L’objectif est de parvenir à quarante sites d’ici à la fin de l’année 2026.

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