Faire entendre la voix des secteurs du transport routier de marchandises (TRM) et de la logistique, à quelques mois de l’élection présidentielle, voilà l’une des missions que s’est donnée l’organisation de transporteurs l’Union TLF. Elle a commandé à Toluna Harris Interactive une enquête sur la perception qu’on les Français de ces activités professionnelles. Les résultats, riches d’enseignements, ont été dévoilés le 17 septembre à Paris.
L’Union TLF poursuit sa mission de défense des métiers du transport routier et de la logistique. Après avoir dévoilé, en juin dernier, une étude sur le poids réel du TRM et de la logistique dans l’économie française, qui le chiffrait à 9 % du PIB, à quelques mois d’échéances électorales majeures, elle a commandé à un institut de sondage une enquête auprès des Français. Toluna Harris Interactive a restitué celle-ci le 17 septembre à Paris. Il en ressort une perception très positive sur les questions économiques et sociales, mais négative d’un point de vue environnemental. Détaillons l’étude, en compagnie de Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de Toluna France.
Un rôle essentiel
« Neuf Français sur dix reconnaissent au transport de marchandises et à la logistique un rôle essentiel : à l’approvisionnement des territoires (93 %), à la continuité des chaînes d’approvisionnement (93 %), au bon fonctionnement de l’économie française (92 %) et à l’indépendance économique du pays (90 %) », souligne Jean-Daniel Lévy. L’étude dévoile que deux Français sur trois se font livrer au moins une fois par mois, notamment parce que le produit n’est pas disponible près de chez eux. La livraison et donc le transport deviennent une obligation.
Créateur d’emploi et modeleur des territoires
La part de l’industrie manufacturière dans le PIB français est passée d’environ 17 % à 11 % entre 1995 et 2025, traduisant une longue période de recul productif marquée par la perte de près de la moitié des usines et donc des pertes d’emploi massives. En opposition, le TRM, pilier de la création d’emplois et du développement économique des territoires, dispose là aussi d’une bonne image selon l’étude de Toluna Harris Interactive : les Français considèrent qu’ « il crée des emplois localement (87 %), dynamise l’économie locale (85 %), représente une opportunité économique pour les territoires (85 %) et attire de nouvelles entreprises et de nouveaux investisseurs (81 %)».
Ce plébiscite est en plus une reconnaissance de la diversité : 91 % des Français estiment que le TRM offre des opportunités professionnelles aux jeunes, 91 % aux personnes peu ou pas diplômées, 89 % aux personnes en reconversion et 85 % aux femmes.
La pollution freine la reconnaissance
Lorsque Toluna Harris Interactive interroge les Français, sur l’aspect environnemental du secteur, dont les rejets de CO2 représentent près de 7 % des émissions nationales, 82 % des sondés jugent le secteur polluant, et ils en attendent la décarbonation. 54 % se déclarent favorables aux mesures restreignant la circulation des véhicules thermiques en agglomération.
Quelle politique pour le TRM ?
Dans son dernier chapitre, « les Français face aux politiques publiques », l’étude conclut que « 6 sondés sur 10 refusent une taxation des moteurs thermiques, qu’elle soit présentée au nom de la transition écologique (58 %) ou du passage aux véhicules électriques (62 %) ». À l’inverse, 74 % estiment que permettre aux camions de transporter davantage de marchandises contribue à la décarbonation du secteur.
« Les Français ont conscience que la filière évolue dans un environnement fortement concurrentiel à l’échelle internationale (89 %) et, pour 61 % d’entre eux, qu’elle est délocalisable, indique Jean-Daniel Lévy. 74 % estiment que taxer les entreprises françaises de transport de marchandises favorise la concurrence étrangère ».
Forte de ces deux études, l’Union TLF compte rencontrer les candidats à l’élection présidentielle pour leur présenter les résultats, et préconiser des mesures de soutien et de développement du secteur, notamment dans le but d’accompagner sa transition énergétique.