Le nouveau patron de Renault Trucks France ambitieux en dépit du contexte économique

Le nouveau tracteur électrique Renault T E-Tech pourrait dynamiser le marché du camion électrique français au second semestre 2026. Photo : Renault Trucks.

Manuel Marielle a pris la direction générale de Renault Trucks France il y a quelques semaines. Arrivé tandis que le marché était déréglé par la crise au Moyen-Orient et l’inflation des carburants, il s’inscrit dans le développement du camion électrique et livre quelques indicateurs surprenants sur les ventes dans l’Hexagone.

Il est des indicateurs qui pourraient surprendre : dans le contexte de crise inflationniste que l’on connaît, nous avons rencontré le nouveau DG de Renault Trucks France (RTF), Manuel Marielle. Le 18 juin à Paris, celui-ci nous a expliqué qu’à mi-parcours de l’exercice 2026, les immatriculations de tracteurs routiers avaient progressé de 6 % (janvier-juin 2026 vs janvier-juin 2025). Les porteurs, en revanche, poursuivent leur déclin : -15 % pour les gammes lourdes et -18 % pour les gammes intermédiaires. « Les grandes entreprises de transport ont poursuivi le renouvellement de leur parc, tandis que les plus petits clients ont décalé leurs investissements », résume Manuel Marielle, qui est un fin connaisseur du camion, pour avoir assumé pendant trente ans à de nombreuses fonctions au sein du groupe Volvo Trucks, dans les services financiers, achats. Il a également été de la création de la business unit des camions électriques moyenne gamme de RTF en 2020. « Mon parcours me permet d’avoir une vision à 360° », souligne-t-il. Mais même avec une expérience de globe-trotter au sein du groupe, prendre ses fonctions à la tête de la filiale française dans un tel contexte est loin d’être simple. « On a un marché atone avec une activité restreinte, concède-t-il. On espère un décollage au deuxième semestre ».

« On a un marché atone avec une activité restreinte, constate Manuel Marielle, le nouveau DG de Renault Trucks France. On espère un décollage au deuxième semestre ». Photo : Renault Trucks.

Les investissements dans l’électrique en salle d’attente

Manuel Marielle évalue les immatriculations 2026 de camions électriques en France à environ mille unité toutes marques confondues. Il explique qu’au premier semestre, deux phénomènes se sont croisés, contribuant à un reflux des ventes : l’inflation sur les carburants fossiles a fortement impacté la trésorerie des transporteurs routiers, en contraignant beaucoup à reporter leurs projets d’investissement. Par ailleurs, ils ont attendu de connaître le niveau d’aides à l’achat via les nouveaux barèmes des CEE, qui n’ont été connus que fin mai.

La tendance devrait s’inverser, car ces aides CEE sont importantes. « Les transporteurs se projettent sur l’achat de l’électrique, affirme Manuel Marielle. La question n’est plus : est-ce que je vais y aller ? mais : quand et comment vais-je y aller ? L’approche française avec les CEE est très bénéfique aujourd’hui. Le point noir demeure la mise à disposition d’infrastructures de recharge ».

Réseau de distribution solide

Un service qui pourrait en partie être résolu au niveau du réseau de distribution, qui pourrait être équipé de bornes électriques. Le réseau reste une force de Renault Trucks France, qui dispose de 300 points de services répartis dans l’Hexagone, appartenant à une trentaine d’entreprises. « Le réseau RTF est impliqué et investi », a constaté Manuel Marielle, qui l’a visité dans le cadre de sa prise de fonction. En dépit des challenges qu’il a à relever, le nouveau DG se montre confiant. « Nous avons déjà vendu plus de 3 000 véhicules électriques et nous poursuivons le développement de la gamme, conclut-il. Le porteur D E-Tech 12 t présenté à Solutrans en novembre 2025 vient d’arriver, tandis que le tracteur T E-Tech à essieu électrifié apporte des performances de puissance et d’autonomie qui ont peut d’égal sur le marché.

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